L’âne, le pilote et les dindons (de la farce)

Les animaux de la fable

Voici trois textes glanés sur les réseaux sociaux. Deux parmi eux ont valeur de paraboles et le premier joue joliment avec les mots. On retiendra ainsi de ces textes sa beauté pour le premier et leur morale pour les deux autres. Commençons par cette élucubration savoureuse dont les noms d’animaux sont le prétexte.

«Myope comme une taupe», « rusé comme un renard », «serrés comme des sardines ». Les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les Fables de La Fontaine, ils sont partout.

La preuve : que vous soyez fier comme un coq, fort comme un bœuf, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l’autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.

Vous arrivez à votre premier rendez-vous, fier comme un paon et frais comme un gardon et là, pas un chat ! Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.

Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l’a certifié. Cette poule a du chien, une vraie panthère ! C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.

Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive. Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu’une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi ! Et vous, vous êtes fait comme un rat.

Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à l’âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l’envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.

Ce n’est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce. Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d’ours mal léché, il ne faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.

Et puis, ça aurait servi à quoi de se regarder comme des chiens de faïence. Après tout, revenons à nos moutons: vous avez maintenant une faim de loup, l’envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d’autres chats à fouetter ».
Ces propos m’ont été adressés sans la mention de leur auteur mais je n’ai pu résister à la tentation de les partager. Une vraie saga animalière !

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L’âne dans le puits

Un jour, l’âne d’un fermier est tombé dans un puits. L’animal gémissait pitoyablement pendant des heures et le fermier se demandait quoi faire.
Finalement, il a décidé que l’animal était vieux et le puits devait disparaître de toute façon, ce n’était pas rentable pour lui de récupérer l’âne.

Il a invité tous ses voisins à venir et à l’aider. Ils ont tous saisi une pelle et ont commencé à combler le puits. Au début, l’âne a réalisé ce qui se produisait et se mit à crier terriblement. Puis, à la stupéfaction de chacun, il s’est tu. Quelques pelletées plus tard, le fermier a finalement regardé dans le fond du puits et a été étonné de ce qu’il a vu.

Avec chaque pelletée de terre qui tombait sur lui, l’âne faisait quelque chose de stupéfiant. Il se secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus.

Pendant que les voisins du fermier continuaient à pelleter sur l’animal, il se secouait et montait dessus. Bientôt, chacun a été stupéfait que l’âne soit hors du puits et se mit à trotter ! Voici pour l’anecdote. Quant à la morale provisoire qui en découle, elle est limpide et décrite comme suit par l’auteur de cette parabole.

« La vie va essayer de t’engloutir sous toutes sortes d’ordures. Le truc pour se sortir du trou est de se secouer pour avancer. Chacun de tes ennuis est une pierre qui permet de progresser. Nous pouvons sortir des puits les plus profonds en n’arrêtant jamais. Il ne faut jamais abandonner ! Secoue-toi et fonce !

Rappelle-toi, les cinq règles simples ! Pour être heureux : 1.Libère ton cœur de la haine. 2.Libère ton esprit des inquiétudes. 3.Vis simplement. 4.Donne plus. 5.Attends moins. »

A chacun de juger de la lucidité de ces propos.

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L’ivresse de la vitesse

Terminons par une dernière anecdote qui m’a été rapportée par les mêmes canaux. Il s’agit de deux pilotes, grisé par la vitesse pour l’un et plus au fait des vertus de la patience pour l’autre. Voici leur histoire.

Un Airbus 380 est en route pour traverser l’Atlantique. Il vole stable à 800 km/h et 30 000 pieds quand soudainement un Rafale s’approche de lui, à Mach 2 (donc trois fois plus vite).

Le pilote de l’avion de chasse ralentit, vole aux côtés de l’Airbus et appelle le pilote de l’avion de ligne par radio :

– « Vol en autobus, vol ennuyeux n’est-ce pas ? Attachez votre ceinture et jetez un coup d’œil par ici! »

Il fait un tonneau, accélère, passe le mur du son, monte en chandelle à une hauteur vertigineuse, puis pique jusqu’au niveau de la mer dans une vrille à couper le souffle. Il retourne près de l’Airbus et demande :

– « Eh bien, comment c’était ?!? »

Le pilote d’Airbus répond :

– « Très impressionnant, mais maintenant regardez par ici! »

Le pilote du jet regarde l’Airbus, mais rien ne se passe. Il continue de voler obstinément en ligne droite, à vitesse constante. Après cinq minutes, le pilote d’Airbus appelle à la radio:

– « Eh bien, qu’est-ce que t’en dis? »

Le pilote du jet demande confus:

– « Qu’avez-vous fait?

L’autre pilote rit et dit:

– Je me suis levé, je me suis étiré les jambes, je suis allé à l’arrière de l’appareil pour passer aux toilettes, j’ai pris une tasse de café et un gâteau à la cannelle. »

Voici maintenant la morale de l’histoire selon son auteur : « Quand on est jeune, la vitesse et l’adrénaline semblent être les meilleures des choses de la vie. Mais en vieillissant et en devenant plus sage, le confort et la paix prennent toute leur importance, aussi.

En anglais on appelle cela le S.O.S. C’est à dire Slower, Older, Smarter (plus lent, plus vieux, plus malin). Cette histoire est dédiée à tous ceux qui ne se sentent pas si mal à l’approche du « S.O.S »!

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