La Nasa de retour sur la Lune, mais sans astronautes…

La nouvelle fusée SLS (Space Launch System) vers son pas de tir en Floride

Pour la première fois depuis 1972, une fusée s’apprête à rouvrir la voie vers des missions humaines sur la Lune. Départ prévu le 29 août prochain, mais sans astronautes à bord.

Cinquante ans après le dernier vol d’Apollo, le 7 décembre 1972, date de la dernière mission Apollo, l’heure est venue pour « Artémis » de prendre le relais: la fusée la plus puissante du monde s’apprête à faire son baptême de l’air, lundi prochain 29 août 2022, depuis la Floride et à lancer du même coup le programme américain de retour sur la Lune.

Certes, il s’agit d’un vol test, sans équipage à bord. Mais pour la Nasa, qui se prépare à ce décollage depuis plus d’une décennie, l’événement est hautement symbolique. Il doit incarner l’avenir de l’agence spatiale, et prouver qu’elle est toujours capable de rivaliser, notamment face aux ambitions de la Chine ou de SpaceX.

Le but de cette mission, baptisée Artémis 1, est de tester en conditions réelles la fusée SLS (pour Space Launch System), haute de 98 mètres et héritière des fusées Saturn V, et la capsule Orion à son sommet, où prendront place les astronautes à l’avenir.

Pour cette fois, seuls des mannequins sont à bord, équipés de capteurs permettant d’enregistrer vibrations et taux de radiations.

Des caméras embarquées permettront de suivre ce voyage de 42 jours au total. Un selfi spectaculaire avec la Terre et la Lune en arrière-plan est au programme.

Une fois en orbite, Orion fera une fois et demie le tour de la Lune (distante de 380.000 km), en s’aventurant jusqu’à 64.000 km derrière elle, soit plus loin que tout autre vaisseau spatial habitable jusqu’ici.

L’objectif principal est de tester son bouclier thermique, qui à son retour dans l’atmosphère terrestre devra supporter une vitesse de près de 40.000 km/h, et une température moitié aussi chaude que la surface du Soleil.

La première mission humaine, avec un équipage mixte de deux astronautes, n’interviendra, dans le meilleur des cas, qu’en 2024. Mais là encore, Artemis 2 se limitera à un séjour en orbite autour de la Lune de six jours, sans atterrissage. Le véritable retour de l’homme sur la surface lunaire n’est prévu qu’en 2025, avec Artemis 3 .

Deux pays qui ne feront pas partie du programme Artemis sont la Russie et la Chine. Les responsables de la NASA ont contacté la Russie il y a quelques années pour participer au retour sur la Lune, et bien que certains responsables de la société Roscosmos aient été réceptifs, la participation a été repoussée par de hauts dirigeants russes, dont le chef de Roscosmos, Dmitri Rogozine.

En ce qui concerne la Chine, le Congrès américain interdit à la NASA de coopérer avec les activités spatiales chinoises. De plus, la Chine avait déjà décidé il y a des années de suivre une voie séparée en matière de vols spatiaux.

Elle travaille sur ses propres plans lunaires étroitement tenus secrets. Comme les États-Unis ont cherché à le faire dans les années 1960 avec Apollo, la Chine considère son programme spatial de plus en plus robuste comme un moyen d’accroître son prestige sur la scène mondiale et de faire avancer les intérêts géopolitiques.

La réaction chinoise à la mission Artemis de la NASA semble être le dédain.

Un article dans une publication chinoise, le Global Times, cherche à opposer la mission Artemis aux propres plans lunaires de la Chine, qui incluent le développement de la capacité d’atterrir ses propres astronautes sur la Lune d’ici 2030 environ. La Chine travaille sur des plans innovants pour mener à bien ses propres missions d’alunissage en équipage.

D’autre part, la Chine et la Russie ont également récemment signé un accord de coopération sur les efforts lunaires.

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