Tunisie – Etats-Unis : Une crise à l’horizon ?

C’était en 1985, la dernière fois où Tunis convoque un ambassadeur ou un diplomate américain. Le président Bourguiba avait alors convoqué l’ambassadeur américain sur fond du bombardement sioniste de Hammam Chatt.

Les relations tuniso-américaines ne sont pas au beau-fixe. Depuis le passage en force du président Kais Saied, il y a un an, les Etats-Unis, et d’autres forces étrangères n’ont cessé de multiplier les réactions et les positions interprétées comme une ingérence dans les affaires internes du pays.

Hier, le ministre des Affaires étrangères a officiellement convoqué la chargée d’affaires de l’ambassade américaine à Tunis, Natasha Franceschi, au siège du ministère. Cette convocation intervient suite à la publication d’un communiqué de presse émis par le secrétaire d’Etat américain aux affaires étrangères, Anthony Blinken, dans lequel il a appelé les autorités tunisiennes à adopter une loi électorale « inclusive » qui soit en mesure de garantir une « participation élargie » aux élections législatives prévues en décembre prochain et qui devrait inclure aussi bien « les opposants que les boycotteurs » du référendum sur la Constitution. Les récentes déclarations inacceptables de l’ambassadeur désigné dans notre pays, devant le Congrès américain en sont également la cause.

Une crise diplomatique est-elle envisageable entre la Tunisie et les Etats-Unis ? Pour les observateurs de la scène nationale, rien ne va plus entre l’administration américaine et Carthage. Le président de la République avait à maintes reprises expliqué à la communauté internationale que les décisions qu’il est en train de prendre répondent aux aspirations du peuple. Mais pour les Etats-Unis, il s’agit d’un coup porté à la démocratie tunisienne.

Quoi qu’il en soit, Tunis peut-elle entrer en conflit diplomatique avec les Etats-Unis ? Cela aura-t-il des conséquences sur la situation économique alors que le pays dépend forcément des parties donatrices ?

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