Pourquoi les commerçants ont-ils une aversion au nouveau billet de 50 dinars ?

Le nouveau billet de 50 dinars, mis en circulation le 28 avril 2022 par la BCT, connaît une aversion de la part des commerçants. Si certains doutent de son authenticité, d’autres expriment une appréhension quant à son pouvoir libératoire, alors que d’aucuns ne sont même pas au courant de son existence.

Plus de deux mois après sa mise en circulation, le nouveau billet de 50 dinars prête à équivoque, au sens facial du terme, si l’on peut dire. Des commerçants tardent encore à l’adopter dans leurs opérations quotidiennes.

Les raisons d’un refus !

Ce ne sont pas là des élucubrations ou une histoire fondée sur des ouï-dire. Cette situation, nous l’avons apprise à nos dépens, dernièrement, dans un magasin de chaussures, sis à la rue d’Espagne à Tunis. Le maître des lieux, auquel nous avons remis le nouveau billet de 50 dinars, après l’avoir longtemps manié, palpé et malaxé, nous a gentiment demandé qu’on lui donne d’anciens billets.

A notre question pourquoi, le commerçant a rétorqué : « Je préfère les anciens parce que, d’abord, je peux les authentifier ne serait-ce que par le toucher et d’en distinguer les fausses des vraies. Secundo, qui me garantit que mes fournisseurs accepteraient les nouveaux billets. C’est un risque que je ne veux pas courir. »

Pourtant, tout est fait de façon à ce que ces billets connaissent la réussite escomptée dans les transactions commerciales. La dimension (158 mm x 79 mm) est ostensiblement inférieure à l’ancien billet, permettant ainsi un meilleur usage. Au milieu, à gauche du portrait de Hédi Nouira, la valeur nominale du billet «50 » figure en grand format et en bas, la date d’émission «20-3-2022 ».

Par ailleurs, dans la partie inférieure du billet, près du milieu, sur les bords inférieurs droit et gauche, cinq traits horizontaux pour les malvoyants sont aisément reconnaissables au toucher. En bas, à droite, il y a les signatures du Gouverneur de la Banque et du Vice-Gouverneur.

De plus, la BCT a donné les résultats de la réaction du billet lorsqu’il est exposé aux rayons ultraviolets pour contrecarrer les faussaires. Pourquoi donc cette méfiance de certains commerçants à l’égard du nouveau billet de 50 dinars ? Y a-t-il un manque de communication de la part des autorités monétaires sur la question ? Cette aversion va-t-elle fléchir au fil du temps ? Attendons voir.

Les DAB de la partie !

Etant invité par le commerçant de chaussure de régler l’achat par le biais de l’ancien billet de 50 dinars, nous nous sommes dirigés pour la circonstance vers l’espace libre-service d’une banque, sise à l’avenue Habib Bourguiba de Tunis. Quand nous avons inséré le nouveau billet de 50 dinars dans le DAB, grand était notre étonnement quand l’écran a affiché un billet de 20 dinars, ce à quoi nous avons annulé l’opération. Comme quoi même les DAB ont une aversion au nouveau billet !

Sans doute, ce sont des réglages qu’il faudrait apporter aux machines pour qu’elles puissent déchiffrer les nouveaux billets, encore faut-il que les techniciens s’y mettent au plus vite, sans quoi on continuera à refuser ce billet dans les transactions de tous les jours après qu’il a coûté des millions de dinars à la trésorerie de la BCT.

Ceci dit, espérons que les autorités monétaires palliera cette défaillance, tout comme celle née des pièces de monnaie de 200 millimes et de 2 dinars qui prêtent à confusion par leurs diamètres, ostensiblement égaux ou presque aux pièces de 100 millimes et un dinar.

A bon entendeur…

Chahir CHAKROUN
Tunis-Hebdo du 04/07/2022

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Entrés en circulation le 28 avril 2022, les billets de cinquante dinars (type 2022) et de cinq dinars (type 2022) circuleront concurremment avec les autres billets et pièces actuellement en circulation.

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