Ennahdha réagit à l’interdiction de voyage émise à l’encontre de Rached Ghannouchi

Le mouvement Ennahdha a réagi à l’interdiction de voyage émise, hier à l’encontre de son chef, Rached Ghannouchi par le tribunal de première instance de l’Ariana dans le cadre de ce qu’on appelle l’affaire de « l’appareil secret ».

Selon Ennahdha, Rached Ghannouchi n’a pas été informé de la décision d’interdiction de voyage émise à son encontre, ajoutant toutefois, dans un communiqué publié dans la soirée de vendredi 27 mai que son président restera toujours à la disposition de la justice.

Le mouvement ajoute que Rached Ghannouchi n’a aucune intention de voyager à l’étranger, malgré les invitations qu’il a reçues pour participer aux manifestations internationales, dont le Forum de Davos en Suisse.

Ennahdha indique, par ailleurs, être convaincu que l’affaire de « l’appareil secret du parti » est une affaire « truquée », et met en garde contre les pressions continues qu’exerce « inlassablement » le président Kais Saied sur le pouvoir judiciaire.

« Il s’agit d’une tentative de détourner l’opinion publique des préoccupations des Tunisiens et la crise politique et économique provoquée par le putsch contre la Constitution, estime le parti.

Rappelons que le juge d’instruction près le Tribunal de première instance de l’Ariana a émis, vendredi, une décision d’interdiction de voyage à l’encontre de trente-quatre personnes impliquées dans l’affaire dite de l’appareil secret d’Ennahdha, dont Rached Ghannouchi.

« L’appareil secret d’Ennahdha » fait l’objet d’une enquête suite au feu vert donné, en janvier dernier, par la ministre de la Justice, Leila Jaffel. Cette dernière a, en effet, autorisé le procureur général de la Cour d’appel de Tunis, à confier au ministère public du Tribunal de première instance de Tunis, l’ouverture d’une enquête.

Cette décision fait suite à une plainte déposée auprès de la ministre de la Justice, en sa qualité de cheffe du ministère public, par un membre du comité de défense des deux martyrs Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, contre plusieurs personnes, pour des crimes liés à la sécurité de l’Etat.

Le 23 septembre 2019, le Procureur de la République près le pôle judiciaire avait dévoilé les étapes de l’instruction concernant les procédures de trois plaintes relatives à « l’appareil secret » du mouvement Ennahdha et les différentes étapes de l’instruction de l’affaire.

Cette affaire était revenue sur le devant de la scène lorsque le collectif de défense des martyrs Chokri Belaid et Mohamed Brahmi avaient indiqué avoir épuisé tous les moyens concernant l’affaire de « l’appareil secret d’Ennahdha », et signalant que le parquet près du tribunal de première instance de Tunis n’avait pas émis la décision de transférer ladite affaire au juge d’instruction.

Le 31 décembre 2019, le Tribunal de première instance de Tunis annonçait ensuite que les trois affaires avaient été étudiées par le Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme qui avait décidé de s’en désister et de charger le premier juge d’instruction du Bureau 32 de ces trois dossiers.

La première plainte a été déposée par 43 députés et la deuxième plainte a été introduite par le parti du Courant populaire. Ces deux plaintes avaient été saisies par l’unité nationale de recherche dans les crimes terroristes d’El Gorjani avant d’être transférées au Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme le 20 septembre 2019.

La troisième plainte saisie par l’unité nationale de recherche dans les crimes terroristes relevant de la Garde nationale d’El Gorjani, a été présentée au Procureur de la République près le tribunal militaire permanent de Tunis par le parti Watad.

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