Quand Rached Ghannouchi compare Kais Saied au trio Abdennasser – Saddam – Kadhafi !

On ne sait avec quels dictionnaires ou quels autres ouvrages d’analyse politique on peut saisir la liaison idéologique, politique, économique et sociale entre trois grands leaders arabes qui ont connu différentes destinées, aussi bien de leur vivant qu’à leur mort : entre Saddam Hussein, Jamal Abdennasser et Mouammar Kadhafi ?

Et pourtant, Rached Ghannouchi a réussi à établir un lien solide entre ces leaders en les unissant les trois en la seule personne du président de la République Kaïs Saïed…

C’était lors d’un discours prononcé avant-hier devant ses disciples d’Ennahdha que Rached Ghannouchi a comparé Kaïs Saïed à ces trois personnalités arabes, sans pouvoir expliquer le lien à faire entre eux et le président tunisien ! Sauf peut-être dans l’intention de traduire le côté « dictatorial » qui les réunit…

Seulement, il a omis, sûrement par dessein politique sournois, de voir dans le parcours de ces leaders et durant leur règne, d’autres côtés que le caractère despotique de leur pouvoir.

Sans aucune analyse objective ou vision claire de ce qui a caractérisé le règne de ces dirigeants notoires, la causerie de Ghannouchi visait juste à donner une image négative de Kais Saied, mais la comparaison était totalement « à côté de la plaque ».

A ce propos, la réaction de Mabrouk Korchid, dans un post publié sur sa page Facebook, a résumé cet état de fait et l’inadéquation d’une telle comparaison, où il a rappelé les réalisations de chacun d’eux.

Un Jamal Abdennasser avec le barrage du Haut Nil (« Al-Sodd Al-Ali ») et la nationalisation des terres. Un Saddam Hussein, fervent défenseur de la cause palestinienne, qui a réuni son peuple sans aucune forme d’animosité entre les nombreuses communautés de son pays, kurdes, chiites, sunnites, alaouites, yazidis et autres.

L’Irak qui était de son temps au summum du Savoir et de la prospérité. Cela, en plus de l’héroïsme légendaire dont il a fait preuve lors de son exécution.

Alors que pour Kadhafi, toujours selon Korchid, il a fermement défendu ses principes nationalistes, refusant toute concession envers le colonisateur italien, assistant bon nombre de gens à se convertir à l’Islam.

Et s’il s’agit de dictature et de pouvoir individuel, c’est lui-même, Ghannouchi, qui en exprime la meilleure image avec son règne de plus de 50 ans sur le parti, a ajouté Mabrouk Korchid, alors qu’à la tête de l’ARP, il n’a provoqué que rivalités et crises…

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