Tunisie : Un collectif d’avocats pour la défense des députés « frondeurs »

L’avocat et dirigeant au mouvement Ennahdha, Samir Dilou, a annoncé la formation d’un comité national pour défendre les 121 députés accusés de complot contre la sûreté de l’État à l’issue de la session plénière tenue le 30 mars dernier.

L’annonce officielle de ce comité aura lieu lors d’une conférence de presse, ce lundi 4 avril 2022, ajoute-il, et aura pour objectif de « dénoncer les tentatives de pression sur la justice et de mettre fin aux rumeurs circulant contre les députés ».

Dilou a indiqué, sur les ondes de Shems fm, que certains députés avaient songé à cette option depuis la convocation du bureau de l’assemblée des représentants du peuple (ARP) gelée.

L’ancien député a tenu à rappeler que ses collègues sont poursuivis en justice sur la base de l’article 72 du Code pénal, qui stipule « qu’est puni de mort, l’auteur de l’attentat ayant pour but de changer la forme du gouvernement, d’inciter les gens à s’armer les uns contre les autres ou à provoquer le désordre, le meurtre ou le pillage sur le territoire tunisien ».

Une trentaine de députés dont l’ex-président de l’ARP, Rached Ghannouchi, son deuxième vice-président, Tarek Fetiti, Walid Jalled, Safi Saïd, Noomane El Euch, etc., ont tous été auditionnés et pourraient être poursuivis pour complot contre la sûreté de l’Etat.

Mosaïque fm a rapporté, vendredi, que le Tribunal de première instance de Tunis avait ordonné à l’unité d’enquête en question, de mettre en examen, mardi 5 avril, le président du Parlement dissous, Rached Ghannouchi et d’autres députés.

Rached Ghannouchi a d’ailleurs confirmé sur sa page Facebook, avoir répondu à la convocation du ministère public par respect pour la justice tunisienne, malgré sa conviction que les décisions prises par le président de la République Kaïs Saïed soient inconstitutionnelles et illégales.

Ils devraient faire l’objet d’une enquête pour organisation de bande visant à comploter contre la sûreté de l’Etat.

Le président de la République Kais Saied a annoncé le 30 mars, la dissolution du Parlement après avoir recouru à l’article 72 de la Constitution pour préserver l’unité de l’Etat et la sécurité des Tunisiens.

Le chef de l’Etat a estimé que la tenue d’une plénière à l’ARP suspendue constitue un coup d’Etat avorté, promettant de poursuivre les responsables devant la Justice.

Commentaires: