Poutine nage-t-il en eau… rouble ?!

L’image de Vladimir Poutine faisant du cheval dans la toundra a été détournée. L’un des montages les plus connus du président russe le montre en train de chevaucher un ours.

Poutine n’a pas froid aux yeux, ça tout le monde le sait. Ce que l’on sait moins, par contre, c’est que ce comportement qui intrigue, à bien des égards, l’Otan, ne prend pas source, uniquement, de l’imposante machine militaire russe qui est, pour votre gouverne, la deuxième puissance militaire du monde (hors nucléaire) après les États-Unis.

La défiance de Vladimir Poutine à l’égard des Occidentaux tient, aussi, du fait que la Russie demeure, encore, une puissance économique, même si elle n’est plus l’une des premières mondiales, comme au temps de l’Union soviétique. En 2020, la Russie occupait le 11e rang mondial, économiquement parlant ; ce qui n’est pas peu.

C’est pourquoi, d’ailleurs, Poutine n’en a cure des sanctions économiques imposées par les Occidentaux. En effet, plus ces derniers resserrent l’étau sur Moscou, plus l’Ours russe monte au créneau.

La preuve : quelques heures seulement après la décision des Etats-Unis et des Européens de geler quelque 300 milliards de dollars de réserves russes détenues à l’étranger, le président Poutine donne des instructions fermes pour que le gaz et le pétrole russes, vendus aux pays hostiles, ne soient réglés qu’en roubles. Ça, il faut le faire ! Pourquoi ?

Parce que l’achat de pétrole dans le mode ne se fait potentiellement que par l’entremise du roi dollar. Oser prendre une telle mesure montre à l’envi que Poutine ne craint que dalle les Etats-Unis et leurs alliés. De plus, l’initiative de Poutine a donné des idées à d’autres pays qui veulent marcher sur ses pas.

En effet, Pékin et Riyad travaillent actuellement sur des contrats pétroliers libellés en devise chinoise pour s’émanciper du dollar, selon des informations du Wall Street Journal. Si cela viendrait à se réaliser, le mouvement pourrait prendre des ampleurs telles que le dollar accusera une décote jamais enregistrée au passé.

Les Etats-Unis se laisseront-ils faire pour autant ? Evidemment non. Ils sauront imposer leur desiratas aux pays qui osent enfreindre l’ordre établi. Et par là-même, signifier à Poutine qu’il n’est pas bon de nager en eau …rouble !

Chahir CHAKROUN
Tunis-Hebdo du 28/03/2022

Commentaires: