Affaire Khelifa Guesmi : La HAICA s’insurge !

Khelifa Guesmii – Credits : Arab Organisation for Human Rights

Après le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ), au tour de la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) de s’insurger contre la détention du journaliste Khelifa Guesmi.

L’instance de régulation a tenu à rappeler, dans un communiqué publié ce mardi 22 mars 2022, que le contrôle des contenus des chaines de télévision et des stations radio relève, exclusivement, de ses prérogatives. « Intervenir pour supprimer un article publié sur le site de Mosaïque FM constitue un empiétement sur les compétences de la HAICA, regrette la HAICA ».

La HAICA a ainsi appelé les autorités sécuritaires et judiciaires à l’application des décrets-lois 115 et 116 et a exprimé « son étonnement de voir le journaliste placé en détention, regrette les pressions exercées sur lui pour l’amener à dévoiler ses sources ».

L’instance a mis en garde contre « le signe d’un grave dérapage dans le respect des droits et des libertés ». Il s’agit, selon l’instance, d’une menace qui pèse sur la liberté d’expression et de la presse en Tunisie, appelant le gouvernement à suspendre toutes les poursuites à l’encontre des journalistes.

Hier, la Fédération internationale des journalistes a exprimé son inquiétude quant aux persécutions visant directement la liberté de la presse en Tunisie et son soutien total au journaliste Khelifa Guesmi de la radio Mosaïque FM et à ses collègues.

« Le président Saïed a le devoir de défendre la liberté de la presse et d’assurer la sécurité de nos collègues dans l’exercice de leurs fonctions. Nous ne pouvons tolérer que les journalistes continuent d’être pris pour cible, malgré les nombreux appels que nous avons déjà lancés aux côtés de notre affilié le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) », a déclaré le Secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens a plaidé, le 18 mars pour la « libération immédiate » du journaliste, appelant le procureur général adjoint à réviser sa décision et à se « référer uniquement au décret-loi n° 115 lorsqu’il est question de statuer sur des infractions de presse et d’édition ».

L’arrestation du journaliste Khelifa Guesmi, estime le syndicat, est  « un nouvel épisode dans le musellement de la liberté de presse et l’intimidation des journalistes depuis le 25 juillet », dénonçant une législation de portée générale qui n’a rien à voir avec la profession journalistique du journalisme.

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