Quelle marge de manœuvre pour la Tunisie après la dégradation de sa note souveraine ?

La Tunisie est actuellement dans une situation très critique qui nécessite en premier lieu, l’adoption de réformes urgentes afin de pouvoir recourir aux prêts du FMI.

L’Agence de notation Fitch Ratings ayant révisé à la baisse la note souveraine de la Tunisie de B- à CCC, quelle marge de manœuvre possède désormais le gouvernement de Najla Bouden ?

Selon l’expert en économie, Moez Hadidane, la Tunisie n’a plus qu’un seul choix, celui de recourir aux prêts du Fonds Monétaire International (FMI). Dans ce sens, elle est désormais contrainte aujourd’hui plus que jamais, d’engager les réformes exigées par le bailleur de fonds, loin des tiraillements et des conflits d’intérêts.

La marge de manœuvre est d’autant plus serrée que la Tunisie ne pourra plus obtenir des financements auprès de n’importe quel pays et mobiliser des financements extérieurs, en raison de l’abaissement de sa note souveraine, a expliqué l’économiste dans une déclaration à l’agence TAP, vendredi 18 mars.

Adopter des réformes urgentes

Selon lui, la Tunisie est actuellement dans une situation très critique qui nécessite en premier lieu, l’adoption de réformes urgentes afin de pouvoir recourir aux prêts du FMI.

Il estime également qu’avec la dégradation de sa note souveraine, la Tunisie est entrée dans le cercle des pays en état de cessation de paiement de leurs dettes, sauf en cas d’amélioration de la conjoncture économique et du climat d’affaires.

Et d’ajouter « qu’actuellement, il n’y a aucune perspective d’amélioration de la conjoncture économique, malgré la bonne performance de certains secteurs à l’instar du gaz et du pétrole ».

Au bord de la faillite

Moez Hadidane explique que la nouvelle notation de la Tunisie (CCC) signifie un risque très important de non remboursement. Le CCC vient juste avant la note D qui traduit une situation de faillite, ajoute-t-il.

Il rappelle que les réserves en devises en Tunisie ont diminué, au cours de la dernière période à 128 jours, ce qui a affaibli la capacité du pays à couvrir les importations, et ce sous l’effet de l’ampleur des dépenses, notamment le remboursement des dettes extérieurs et la hausse des achats de céréales et du pétrole, à cause de la crise russo-ukrainienne.

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