Flambée des prix du blé, quel impact sur la Tunisie ?

Les prix du blé poursuivent leur flambée dans ce contexte de la guerre en Ukraine et ont atteint, jeudi 3 mars, 11,34 $ le boisseau (+7,1%), soit le niveau le plus élevé depuis 14 ans.

Cette flambée des prix du blé est principalement due à l’arrêt des expéditions de deux plus grands producteurs de blé au monde, la Russie et l’Ukraine, en guerre depuis le 24 février.

La guerre ainsi que les sanctions contre la Russie ont, de ce fait fortement entravé les approvisionnements sachant que l’Ukraine et la Russie assurent ensemble, plus d’un quart des exportations mondiales de blé.

Si le conflit entre les deux pays a entraîné la fermeture des ports et la suspension des opérations de transport, il menace aussi la culture du blé en Ukraine, pays envahi par la Russie.

Quel impact sur la Tunisie ?

Le Conflit russo-ukrainien aura un impact énorme sur le monde et plus particulièrement sur la Tunisie qui pourrait enregistrer une pénurie des produits de première nécessité notamment les céréales.

C’est ce qu’a confirmé l’économiste, Ezzeddine Saidane à l’agence TAP, expliquant que « si les exportations russes et ukrainiennes sont bloquées, le monde entier va en pâtir et cela risque de provoquer une flambée des prix, ce qui pourrait empêcher la Tunisie de s’approvisionner en quantités nécessaires ».

Il rappelle que la Tunisie importe plus de 50% de ses besoins en blé, dont la plus grande partie provient d’Ukraine. D’un autre côté, les importations de blé représentent à elles seules plus de 51% des importations alimentaires du pays, selon une analyse de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’agriculture (FAO).

Dépendance vis-à-vis du marché mondial

Cette analyse explique que « la Tunisie, bien que producteur de céréales, souffre d’un déficit chronique de l’ordre de 50% en moyenne par rapport aux besoins d’une population en croissance continue ».

D’où le taux de dépendance vis-à-vis des céréales importées de 33% pour le blé dur, plus de 85,3% pour le blé tendre et 71,3% pour l’orge, soit un taux moyen de 63,33% pour le total des céréales, selon cette analyse du FAO.

La Tunisie à l’abri jusqu’à l’été… et après ?

Rappelons qu’au lendemain de l’invasion russe en Ukraine, les autorités tunisiennes se sont empressées de rassurer la population. Hamed Dali, directeur général de l’Observatoire national de l’Agriculture au ministère de l’Agriculture, a précisé que la Tunisie avait déjà parachevé ses commandes nécessaires de céréales, et ce bien avant le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Il a précisé que les stocks de céréales sont ainsi suffisants jusqu’au mois de juin prochain et que la Tunisie ne sera confrontée à aucun manque jusqu’à la saison de la récolte l’été.

Il confirmait ainsi les propos de la ministre du Commerce et du développement des exportations, Fadhila Rabhi, qui avait indiqué, auparavant, que les stocks en céréales, blé dur, blé tendre et orge couvrent les besoins du pays jusqu’au mois de mai.

Grand importateur de céréales, notre pays a reçu 3,7 millions de tonnes durant l’année commerciale 2021-2022. Parmi les principaux fournisseurs de céréales pour la Tunisie, figurent l’Ukraine et la Russie ce qui laisse présager une perturbation de l’approvisionnement dans plusieurs pays dont la Tunisie.

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