C. Gaddes : « Le projet actuel de CIN biométrique peut porter atteinte à la souveraineté nationale »

Le président de l’instance nationale de protection des données personnelles (INPDP), Chawki Gaddes, est revenu, ce mardi 1er mars, dans l’émission « Rendez-vous » sur le projet de la carte d’identité biométrique.

Chawki Gaddes a indiqué que l’INPDP soutient ce projet de CIN biométrique comme étant le seul moyen de développer l’administration électronique, mais des réserves subsistent.

Selon lui, le projet actuel approuvé par le ministère de l’Intérieur, qui permet de stocker une copie de la CIN biométrique dans le système d’information, comporte des failles.

Ce système pourrait faire l’objet d’un vol de données personnelles à l’étranger en raison de l’existence d’un système d’information unifié, qui affecterait, par conséquent, la souveraineté nationale.

Chawki Gaddes a estimé, d’autre part, que le fait de lier l’obtention d’un passeport biométrique à la nécessité d’avoir une CIN biométrique, pourrait affecter les données personnelles des citoyens. Il a, par ailleurs souligné qu’à partir de 2024, le passeport, dans sa forme actuelle, ne sera plus valide

Rappelons que le ministère de l’Intérieur a organisé, samedi 26 février 2022, une journée d’étude dédiée au passeport et à la CIN biométriques.

Alors que le département avait annoncé qu’il est en train d’accélérer la mise en place de ce nouveau système de documents d’identité, il était important de souligner la question du respect des données personnelles. Dans ce sens, l’accent a été mis sur la nécessité d’impliquer l’INPDP avant l’adoption de ce projet.

Une trentaine d’organisations et associations nationales avaient appelé, le 24 janvier dernier, le ministère de l’Intérieur à renoncer au projet de passeport et de carte d’identité biométriques.

Le département de l’Intérieur a organisé de nombreuses sessions de travail pour accélérer la mise en place du passeport et de la CIN biométriques dans le but d’acquérir les différents équipements afin de mettre en place ce système d’identité nationale dans le cadre de la numérisation des différentes procédures moyennant un budget supplémentaire alloué.

Le projet de loi organique concernant le changement de la carte d’identité nationale a été validé en juillet 2016 par un conseil des ministres.

Cette dernière ne contiendra ni le métier ni l’empreinte de la personne pour éviter tout risque d’inégalité entre les citoyens. Ces cartes d’identité nationales intelligentes se baseront sur un identifiant unique pour chaque citoyen.

Kamel Ben Amor

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