Tunisie : « Avocats sans Frontières » étale les échecs de la réforme de la loi 52

Dans son dernier rapport, Avocats sans Frontières (ASF) est revenue sur la loi 52 relative aux stupéfiants, dénonçant les promesses qui « restent des discours vagues, vides de tout sens et dictés par des moments de pression ».

L’organisation indique que des milliers de jeunes continuent à être emprisonnés à cause de la consommation de cannabis, en l’absence d’une politique publique globale préventive, traitant scientifiquement et rigoureusement cette question.

Ceci traduit, selon ASF, l’absence d’une volonté de réformer le système juridique lié aux stupéfiants et « s’ajoute à un discours officiel stigmatisant et simpliste, et ce au plus haut sommet de l’État. »

Présentant des statistiques du Comité Général des Prisons et de la Rééducation, l’organisation a fait savoir que le nombre total de prisonniers représentait 24.030, dont 76% appartenant à une catégorie sociale vulnérable, sans travail ou exerçant un travail précaire (travailleur journalier).

Pour les affaires liées à la consommation des stupéfiants, 20,32% des incarcérés sont des détenus préventifs, ajoute-on.
« La politique répressive du système pénal vise de plus en plus les jeunes souffrant de conditions sociales difficiles en l’absence totale d’une politique thérapeutique préventive, ce qui renforce le phénomène de la surpopulation carcérale. Ce constat a des répercussions économiques, sociales et sanitaires pouvant être qualifiées de « désastreuses » », peut-on lire dans le rapport.

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