Non-lieu en faveur de Fatma Mseddi, poursuivie par Ennahdha pour ses déclarations

L’ancienne députée Fatma Mseddi a été acquittée par le tribunal de première instance de Tunis concernant une plainte déposée contre elle par le mouvement Ennahda en rapport avec ses déclarations dans l’affaire de l’envoi de jeunes dans les zones de conflit.

Condamnée en première instance à une amende de 500 dinars, Fatma Mseddi s’était opposée à un jugement par contumace prononcé à son encontre en faisant appel de ce jugement.

Elle s’est présentée au tribunal auquel elle a soumis un certain nombre de documents sur ses déclarations. Le tribunal a alors décidé de prendre en compte son appel et d’annuler le verdict, rapporte Mosaique fm.

Il y a trois jours, Fatma Mseddi a indiqué avoir déposé une plainte auprès du tribunal militaire concernant l’envoi des jeunes dans les zones de conflits, qui à son tour l’a renvoyé au Pôle judiciaire de lutte antiterrorisme.

L’ex-élue avait affirmé sur Shems Fm avoir été entendue, vendredi 18 février par le tribunal de première instance à laquelle elle a présenté des documents et des preuves qui démontrent l’implication de certains membres d’Ennahdha dans l’affaire.

Elle explique que 80% des séances de travail au parlement consacrées à ce dossier ont prouvé l’implication des leaders du mouvement Ennahdha dans l’envoi des jeunes dans les zones de conflit à l’instar de l’ex-député Habib Ellouz, et les anciens ministres Noureddine Bhiri ou encore Rafik Abdessalam et l’ancien cadre sécuritaire Abdelkrim Laâbidi.

L’ancienne députée Fatma Mseddi a, par ailleurs été condamnée à une peine de quatre mois de prison par la Chambre correctionnelle au Tribunal de première instance de Tunis et ce, suite à une plainte déposée par l’ancien cadre sécuritaire Abdelkrim Laâbidi.

Laâbidi qui occupait le poste de chef de la sécurité des avions a porté plainte contre Mseddi qui l’accusait de faciliter l’envoi de Tunisiens en Syrie.

Cette affaire remonte à 2018 lorsque Fatma Mseddi avait annoncé avoir reçu des menaces de la part d’Abdelkrim Abidi, impliqué, selon elle, dans les services de sécurité parallèles.

Elle avait alors indiqué avoir reçu ces menaces après qu’elle ait parlé de lui et de son implication dans l’assassinat de Mohamed Brahmi et dans les réseaux d’envoi de jeunes vers les zones de conflits en plus de ses relations avec les auteurs de l’attentat du Bardo et des dirigeants terroristes.

En mars dernier, l’ancienne députée avait également accusé l’ancien Chef du gouvernement Youssef Chahed de complicité dans le dossier d’envoi de jeunes en Syrie, déclarant que Chahed s’était assuré que certains responsables sécuritaires impliqués dans ce dossier ne soient pas jugés ni tenus pour responsables.

Rappelons qu’en 2019, Fatma Mseddi avait démissionné de la commission d’enquête sur les réseaux d’envoi des jeunes dans les zones de tension citant un manque de transparence quant au traitement du sujet.

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