Tunisie : Le siège du CSM fermé, ses employés empêchés d’y accéder

Le président de la République semble plus déterminé que jamais à se lancer dans une guerre de « purification » du système judiciaire. Le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) est le point de départ.

Ce lundi 7 février, le siège du CSM a été fermé avec chaînes et cadenas, et employés et agents ont été empêchés d’y accéder, selon ce que le président du Conseil, Youssef Bouzakher, a confirmé à la radio IFM.

Bouzakher a estimé qu’il s’agissait d’une nouvelle étape de ce qu’il considérait comme un attaque contre le conseil,  »pour arracher les institutions de l’État et mettre la main sur le pouvoir judiciaire ».

Il a ajouté que des mesures appropriées seront prises une fois que les raisons de cette action seront clarifiées.

Pourtant, le chef du CSM avait expliqué hier que les forces de sécurité entourant le siège du conseil protégeaient l’établissement, à sa demande.

Dans une déclaration accordée dimanche à l’agence TAP, Bouzakher a indiqué que  »le CSM, en prévision des manifestations de dimanche, avait demandé au ministère de l’Intérieur un renfort sécuritaire pour le protéger ».

Il a ajouté qu’après la fin des manifestations, « certaines unités se sont retirées alors que d’autres éléments de sécurité sont restés, en plus du personnel de sécurité régulier ».

Rappelons que certains sites d’information et pages Facebook ont indiqué que les forces de sécurité ont bouclé dans la soirée de dimanche, le siège du CSM, en raison du rejet par ses membres de la décision de dissolution et de leur affirmation de poursuivre leurs fonctions.

En visite dans la nuit du samedi au ministère de l’Intérieur, le chef de l’Etat Kais Saied a annoncé à demi-mot la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature. « Le Conseil supérieur de la magistrature appartient au passé à partir de ce moment », a-t-il déclaré en présence du ministre de l’Intérieur et de hauts responsable sécuritaire.

Le président de la République affirme qu’un décret provisoire est en cours d’élaboration à cet effet.

En réponse, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a rejeté la décision du président de la République.

L’organe constitutionnel dit poursuivre normalement son mandat et ses missions mettant en garde contre la politisation des affaires de justice.

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