Ennahda met en garde Kais Saied contre l’abrogation de la Constitution de 2014

Le mouvement Ennahdha a publié, ce samedi 11 décembre, en marge de la réunion de son bureau exécutif, tenue hier, un communiqué dans lequel il met en garde contre l’abrogation de la Constitution de 2014.

Dans son communiqué, Ennahdha fait part de ses préoccupations quant à la situation économique et sociale du pays au vu du retard pris dans la publication de la Loi de finances pour l’année 2022, quant aux ressources nécessaires pour couvrir le budget et aux orientations de la politique de l’Etat.

« Le pays connaît un blocus financier extérieur, des hausses de prix sans précédent, (…), une crise des institutions économiques, des retards dans le paiement des salaires (…), le tout en l’absence d’une vision claire pour faire face à la crise socio-économique et en tentant de dissimuler l’incapacité à trouver des solutions par le biais de problématiques politiques qui ne font pas partie des priorités des citoyens », indique Ennahdha.

Mise en garde contre une tentative d’abolir la Constitution de 2014

Mais dans son communiqué, le mouvement islamiste a surtout exprimé son rejet de ce qu’il considère comme « une tentative d’abolir la Constitution de 2014, et la tendance à manipuler unilatéralement le système politique et juridique de la Tunisie », mettant en garde contre « les conséquences de compromettre les fondements constitutionnels du pouvoir par des décrets et d’amener le gouvernement à une crise de légitimité aux conséquences fâcheuses sur la stabilité du pays ».

Ennahdha a également condamné les appels de certains partis politiques prônant l’exclusion, tenant l’autorité en place pour pleinement responsable de ce qui peut résulter des discours incendiaires à l’occasion de la commémoration de la révolution, le 17 décembre prochain, rappelant son refus que la révolution soit détournée par un dirigeant qui a décidé de déterminer seul sa date de commémoration, et qui a violé la constitution.

Avertissement contre l’exploitation des institutions de l’État

Le mouvement avertit sur les conséquences qui pourraient découler de l’exploitation de la situation exceptionnelle et de l’exploitation des institutions de l’État pour imposer des agendas personnels et partisans, qui pourraient faire régresser le pays vers un stade autoritaire dans lequel les droits et libertés sont violés…

Rappelons que le Président de la République, Kais Saied, a reçu, jeudi dernier, les deux anciens doyens, Sadok Belaid et Mohamed Saleh Ben Aissa et le professeur de droit constitutionnel Amin Mahfoudh, indiquant que la Constitution de 2014 « s’est avérée non valide sans aucune légitimité« .

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