Tunisie : « Hors de question d’aller au Club de Paris », insiste la ministre des Finances

Alors que la situation économique en Tunisie est alarmante, certains commencent à évoquer le scénario du Club de Paris.

Le club de Paris est un groupe informel de créanciers publics dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiement de pays endettés. Les créanciers du club de Paris leur accordent un allègement de dette pour les aider à rétablir leur situation financière.

La réponse vient en premier du gouverneur de la Banque Centrale qui estime que la Tunisie n’a pas à aller au Club de Paris. Quelques heures plus tard, c’est la ministre des Finances Sihem Boughdiri de confirmer le même constat.

Pour elle, « il est hors de question d’aller au Club de Paris » et que la Tunisie est toujours capable d’honorer ses engagements auprès des institutions financières.

Selon ses dires en marge d’un colloque, la ministre insiste sur le fait que le gouvernement est en train de mettre en place tout un programme de réformes économiques, ajoutant que des négociations sont en cours avec la Fonds monétaire international (FMI) et que tous les indicateurs sont positifs.

Les pays créanciers se réunissent dix fois par an à Paris pour des sessions de négociations, sous la présidence du directeur de la direction générale du Trésor (DG Trésor) du ministère français de l’Économie et des Finances.

Les 19 membres permanents du Club de Paris sont des créanciers publics qui détiennent d’importantes créances sur plusieurs pays débiteurs dans le monde, et qui acceptent les principes et règles du Club de Paris.

Plusieurs pays sont passés par le Club de Paris dans le cadre de la résolution de leur dette. Outre le Soudan, le Club de Paris a accordé une annulation quasi totale de dette à la Côte d’Ivoire dans le cadre de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés.

Depuis sa création en 1956, 429 accords ont été conclus avec 90 pays endettés, pour un montant total de dettes traitées par les accords de 573 milliards de dollars.

Parmi les décisions spectaculaires, le club de Paris a accordé, en novembre 2004, une annulation de 80% du stock de dettes dû par l’Irak, soit près de 30 milliards de dollars annulés, ainsi qu’un moratoire jusqu’en 2008. En février 2006, les États-Unis ont annoncé un allégement de la dette de l’Afghanistan d’un montant de 108 millions de dollars.

De même en 2005, après le tsunami qui affecta les pays riverains de l’océan Indien, le club de Paris décida de suspendre temporairement quelques-uns des remboursements des pays affectés.

En janvier 2010, le club de Paris a également annulé la dette d’Haïti, afin de l’aider à surmonter les conséquences du séisme du 12 janvier.

En 2014, Israël devient un membre permanent dudit groupe.

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