Déchets ménagers : L’Ariana va-t-elle connaître le même sort que Sfax ?

Photo d’illustration

La municipalité de l’Ariana a annoncé, ce jeudi 25 novembre 2021, dans un communiqué adressé à ses habitants que la levée des déchets ménagers connaîtra des perturbations.

Ces perturbations sont dues, selon la municipalité, à l’irrégularité dans les horaires de travail au dépotoir de Borj Chakir et au centre de transformation de Chotrana.

La municipalités appelle ainsi les habitants et les commerçants à se montrer compréhensifs et à minimiser le dépôt des déchets dans la rue jusqu’au retour à un rythme normal de travail.

Sfax dans tous les esprits

Si ce communiqué reste anodin, on ne peut toutefois s’empêcher de penser à la crise de déchets qui frappe actuellement la région de Sfax.

La ville croule sous les déchets depuis plusieurs semaines en raison de la fermeture d’une décharge.

A ce titre, le tribunal de première instance de Sfax-2 doit rendre son verdict dans l’affaire de la collecte des ordures ménagères, demain, vendredi 26 novembre.

Un jugement sera ainsi rendu dans le procès intenté par un collectif d’association et d’activistes de la société civile contre les représentants légaux des municipalités de Gremda, El Aïn, Thyna, le gouvernorat de Sfax et l’Agence nationale de gestion des déchets (Anged).

Les plaignants réclament notamment la collecte immédiate des ordures ménagères, l’aménagement des espaces nécessaires pour les contenir ou la désignation d’entreprises privées qui seront chargées de cette tâche.

Le Grand-Tunis n’est pas à l’abri d’une crise de déchets

Tout cela nous ramène aux récentes déclaration de Walim Merdasi, expert en gestion des déchets et conseiller de l’ancien ministre de l’Environnement et des Affaires locales.

Selon lui, les villes du Grand-Tunis pourraient être confrontées, dans l’avenir, à une crise environnementale en raison de la saturation de la décharge de Borj Chekir.

Walim Merdasi souligne que la décharge de Borj Chekir a atteint sa capacité maximale et ne peut supporter un nouvel élargissement. A cet effet, il a indiqué la nécessité de trouver d’urgence une solution aux problèmes qui entravent la création d’une décharge contrôlée dans la région de Mhamdia.

Merdasi a mis en garde contre la possibilité de revivre le scénario des déchets de Sfax dans diverses grandes villes de Tunis en raison du retard dans la recherche d’une solution concernant les problèmes sociaux soulevés autour du terrain international désigné pour la mise en place d’une unité de recyclage des déchets à Mhamdia.

L’expert en gestion des déchets a appelé toutes les parties intervenantes à se réunir afin de résoudre les problèmes sociaux et d’éviter un nouveau scénario de Agareb, étant donné qu’aucune solution n’est en vue pour les déchets du Grand-Tunis dans le en cas de fermeture de la décharge de Borj Chekir.

La fermeture définitive de la décharge de Borj Chakir en question

Notons que les démarches pour la fermeture définitive de la décharge de Borj Chakir à Sidi Hassine ont été entamées en avril dernier.

Le 5 avril derier, le ministère des Affaires locales et de l’Environnement, Kamel Doukh indiquait, lors d’une audition à une séance plénière de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) que son ministère allait élaborer un calendrier qui fixera la chronologie de la fermeture de cette décharge.

Implantée sur une superficie de 120 hectares, la décharge de Borj Chakir est la plus grande décharge du Grand Tunis avec la réception quotidienne de 3500 tonnes de déchets provenant de 38 municipalités.

A ce titre, Kamel Doukh avait souligné qu’une étude sur la valorisation des déchets au Grand Tunis sera prochainement lancée puis soumise à l’examen de l’ARP, des gouverneurs de Tunis, Ben Arous, l’Ariana la Manouba et aux 38 maires.

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