A la Galerie Saladin : Femina Sapiens by Olga Malakhova

Olga Malakhova expose à partir du jeudi 18 novembre ses nouvelles œuvres à la galerie Saladin de Sidi Bou Said.

Dans sa nouvelle collection, Olga Malakhova procède à un renouvellement thématique profond. Née à Tallinn en Estonie, travaillant et vivant à Carthage, cette artiste a connu de nombreuses évolutions depuis ses débuts.

Employant des modules inspirés des tapisseries de Gafsa, Olga Malakhova a ensuite opéré une fusion entre les registres russe et tunisien dans ses oeuvres récentes.

Entre technique chromatique des icônes, poupées russes et imaginaire ancré dans les terroirs tunisiens, Olga Malakhova produit des œuvres métissées et singulières.

Œuvrant à la confluence de l’abstrait et du figuratif, cette artiste multiplie les échappées belles. Ses dernières séries l’ont menée à une relecture de l’héritage antique tunisien.

Ainsi « Lady Elyssa » est une collection qui constitue une plongée virtuelle dans l’univers de la fondatrice de Carthage. De même, la série « Terracotta » est inspirée par les collections muséales de terres cuites paléochretiennes de Tunisie.

Dans les deux cas, Olga Malakhova fixe une trame narrative dont le socle n’est autre que l’Antiquité tunisienne. Entre symboles et clins d’oeil au présent, l’artiste cultive un regard jubilatoire sur le patrimoine.

Dans une pléthore de motifs, elle insère des personnages libérés de leurs attaches, aériens et placés dans un sillage allégorique. S’inspirant de la diversité tunisienne, Malakhova a également réalisé une série intitulée « Lady Ghriba » avec le recours à des registres symboliques issus du judaïsme tunisien.

Là encore, l’exubérance chromatique et l’étoffe surréaliste des personnages dominent dans la démarche de l’artiste. Les trois mille ans d’histoire tunisienne servent pour leur part de trame générale dans laquelle elle puise son élan et la vitalité lumineuse de son art.

Avec « Femina Sapiens », Olga Malakhova défriche de nouveaux horizons tout en demeurant dans la matrice féminine qui revient comme un thème essentiel dans chacune de ses collections.

La femme est bien présente prenant dès le titre de la collection, le contrepied de l’homo sapiens. Chez Malakhova, la femme est incontournable y compris en tant que « matrimoine » et retournement de l’héritage patriarcal.

Dans cette nouvelle collection, le minimalisme est convoqué par l’artiste qui oscille entre dépouillement de l’espace pictural et centralité des personnages.

Contrairement à ses travaux antérieurs, Malakhova ne dissémine pas de traces sur la toile. Sortant du labyrinthe sémiotique, l’artiste ne parsème pas de fragments de sens dans sa toile mais procède différemment en modelant une représentation qui tire son sens uniquement de la couleur et des formes.

Dans « Femina Sapiens », la rêverie mène Olga Malakhova vers de nouveaux seuils expressifs grâce à des personnages masculins et féminins éberlués et en quête d’équilibre.

Très ludique, l’approche de l’artiste installe un univers qu’on dirait jailli des réminiscences de l’enfance. Le référentiel de cette collection est des plus vastes : chaque regard pourra retrouver la touche incomparable et l’onirisme de Malakhova tout en se ressourçant dans le grand livre du surréalisme.

Avec « Femina Sapiens », l’artiste Olga Malakhova fait une incursion hors de son territoire de prédilection mais reste dans sa matrice propre. Toutefois, le trait, la couleur, les gestes vifs de la main restent similaires à la tradition de cette artiste qui nous invite à nous délecter de son nouveau tour de force.

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