Le chabbat expliqué à l’imam de ma mosquée

J’ai souvent eu l’esprit traversé par un dialogue que je pourrais avoir avec l’imam de la mosquée de mon quartier.

Alors que je lui demande ce qu’il sait du chabbat juif, il m’avoue ignorer les détails de cette tradition. Et, dans les limites de ce que je sais j’essaie de lui expliquer le sens et les gestes d’usage en ce jour béni pour les juifs.

Le mot « chabbat » vient de l’hébreu et signifie littéralement « jour de repos ». Pour la grande famille juive, c’est le dernier jour de la semaine. Le chabbat commence vendredi au coucher du soleil et s’achève samedi à la nuit tombée.

Qu’est-ce que le chabbat ? C’est d’abord la célébration de la Création, du septième jour de la Genèse, béni par D.ieu qui, son oeuvre commencée les six jours précédents, la considéra achevée et sanctifia le septième jour.

Le chabbat est aussi pour les juifs une manière de se souvenir de la délivrance de l’esclavage au temps de Pharaon. C’est la main puissante de l’Éternel qui a délivré le peuple juif à qui il a été prescrit d’observer le chabbat pour se souvenir de cette dette.

Jour sacré pour les juifs le chabbat est comme le signe perpétuel de l’Alliance. Employé au pluriel, on dira « chabbatot ». C’est dans son essence un jour de repos.

Durant le chabbat, on s’abstient de travailler, on se déplacera à pied, on n’allumera aucun feu, on ne cuisinera pas, on n’écrira pas, on ne lira que des textes sacrés, on n’utilisera pas les appareils de toute sorte et on ne touchera pas à l’argent.

Il y a d’autres interdictions qui concernent des activités non conformes à l’esprit de ce jour de repos. Toutefois, en cas de péril ou d’une urgence, les interdits pourront être suspendus.

Comment vit-on le chabbat ? C’est la synagogue qui est l’écrin du septième jour. On s’y retrouve pour prier le vendredi au crépuscule et on y récite le « Lekha Dodi », un chant dont le titre signifie « Va mon très cher ».

Le lendemain, samedi matin, on revient à la synagogue pour la lecture de la « haftara ».

Les fidèles reviennent à deux autres reprises à la synagogue. D’abord, l’après-midi pour commencer la lecture de la « paracha » de la semaine à venir. Ensuite, au coucher du soleil pour la « havdala ».

Ces termes méritent d’être expliqués. La « haftara » est le passage qui est lu après la lecture de la Thora le jour du chabbat. Le mot signifie « conclusion ».

La « havdala » est un mot qui signifie « séparation ». Il désigne le cérémonial qui a lieu dans les synagogues à la fin du chabbat. Il s’agit d’une bénédiction multiple y compris sur la flamme d’une bougie pour marquer le retour à la possibilité d’allumer le feu.

Comment vivre le chabbat à la maison ? Deux lampes rituelles sont allumées par la maîtresse de maison. Cet allumage représente le début symbolique du chabbat.

Ensuite, le père de famille bénit ses enfants et son épouse puis prononce le « kidouch ». C’est une bénédiction qui est prononcée avant les repas du chabbat et des jours de fête. Le terme hébreu peut être traduit par « sanctification ».

Le repas de chabbat peut alors commencer. Il est plus riche et varié que l’ordinaire. Et souvent, il est accompagné de chants joyeux nommés « zemirot ».

Ainsi, il s’avère que le chabbat est un rituel hebdomadaire sacré car il a une dimension spirituelle dans la prière et aussi une importante dimension familiale. En outre, le chabbat est à la fois un moment communautaire et un temps où l’individu est imprégné profondément par la prière. C’est aussi un moment propice à tous les plaisirs, un temps pour la joie.

Je ne sais si ces mots seront suffisants pour que mon imam saisisse bien l’esprit du chabbat. Je pense en tout cas avoir passé en revue toutes les articulations de ce jour béni pour les juifs, un jour assimilable au vendredi musulman et au dimanche chrétien.

D’ailleurs, très organisées, les communautés urbaines des peuples abrahamiques chômaient chacune son tour alors que, grâce à cette répartition des jours de repos, les marchés étaient toujours ouverts.

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