Abdelbaki Hermassi : Un grand ministre de la Culture n’est plus

La triste nouvelle est tombée aujourd’hui. Abdelbaki Hermassi n’est plus.

Sociologue de renom, il est l’auteur de nombreux travaux dans sa sphère de recherches. C’est surtout en tant que ministre des Affaires culturelles qu’on se souviendra de sa contribution durable.

C’est en effet Abdelbaki Hermassi qui avait initié deux grands chantiers qui ont été un socle pour la modernisation du département. Il est allé au bout du premier de ces chantiers qui concernait la rénovation en profondeur du siège du ministère des Affaires culturelles. Il n’ira pas au bout du second chantier qu’il avait mis en œuvre, celui de la Cité de la culture dont il a été l’initiateur il y a un quart de siècle.

Le ministère Hermassi a été ponctué par plusieurs temps forts culturels, notamment l’organisation de l’événement Tunis, capitale culturelle de l’UNESCO.
Le ministre Hermassi avait également contribué à la création de plusieurs musées dont celui de Chemtou qui reste un exemple de musée hybride associant l’antique au moderne.

Sur un autre plan, Hermassi avait engagé une réflexion de fond sur les interactions entre jeunesse, loisirs et culture. À ce titre le département avait été renommé Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Loisirs durant une partie de son mandat.

Abdelbaki Hermassi avait également été le premier ministre de la Culture à avoir nommé une femme à la tête des Journées cinématographiques de Carthage. Il s’agit de Nadia Attia, directrice de l’édition de l’an 2000.

Son action multiforme a englobé l’organisation de plusieurs événements d’envergure en Tunisie et à l’étranger.

Sur un plan plus personnel, je garde le meilleur souvenir du ministre Abdelbaki Hermassi. C’est durant son mandat que j’ai été nommé responsable de l’animation du Musée du cinéma puis directeur de la maison de la culture Ibn Khaldoun en 2001. C’est aussi à partir de son mandat que j’ai eu la responsabilité du Bureau de presse des grands festivals du ministère.

Natif de Haidra, dans le gouvernorat de Kasserine, Abdelbaki Hermassi avait également des racines profondes dans les terroirs du centre-ouest et représentait un exemple éloquent des bienfaits de l’ascenseur social.

Après son mandat à la Culture, il fera un passage à la tête du ministère des Affaires étrangères puis reviendra au monde de la recherche. Il y a quelques mois, il signait la préface du livre « Bourguiba » de Khalifa Chater. Lucide et innovant, il restera un universitaire dont les travaux sur la société tunisienne font toujours autorité.

Qu’il repose en paix. Il a amplement mérité de la Tunisie.

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