Les funérailles volées à la famille de Lamine Bey

Par-delà les décennies, Salwa Bey témoigne de la volonté des pouvoirs publics de la République tunisienne de faire en sorte que les funérailles de Lamine Bey soient réduites à leur plus simple expression.

Dans un cri du coeur, elle ravive le souvenir du 1er octobre 1962, il y a maintenant quasiment soixante ans. Voici selon son témoignage ce qui s’est passé ce jour là.

« Le 1er octobre 1962, jour de l’enterrement du dernier Bey de Tunisie, le cortège funèbre de Sidi Lamine Bey devait sortir du minable appartement qu’il habitait à la rue Asdrubal à Lafayette.

A 15 h, la voiture mortuaire était devant la porte de l’immeuble, la rue était déserte sans fanfare ni trompettes.

Un seul photographe, M. Sebag, ami de la famille, de confession juive, voulait immortaliser l’événement, ce qui lui a valu une nuit au poste de police et la confiscation de la pellicule.

Revenons au cercueil. Il y avait à la place de la voiture mortuaire, deux motards et un fourgon de police où a été déposé le cercueil. Puis ce fut une course folle jusqu’au cimetière de Sidi Abdelaziz à la Marsa.

Salwa Bey

Quand la famille est arrivée, il était déjà sous terre.

Que peut-on craindre d’un mort ? Sinon la mauvaise conscience. Vivant, il dérangeait et mort aussi. Allah yerhamou,il est sûrement au paradis ».

Tels sont les mots tout en émotion de Salwa Bey. Et une invitation à réhabiliter la mémoire du dernier bey husseinite à avoir régné.

Lamine Bey repose désormais dans le caveau familial au cimetière de Sidi Abdelaziz à la Marsa.

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