Tunisie : Les craintes des Etats-Unis malgré le message rassurant de Kais Saied

En présidant la cérémonie de prestation de serment de Ridha Gharsallaoui, désormais chargé de diriger le ministère de l’Intérieur, le président de la République Kais Saied a profité de cette occasion pour préciser qu’il respectait parfaitement la Constitution.

« Ce n’est pas aujourd’hui que je vais tourner le dos aux principes que j’ai enseignés pendant plusieurs années », a-t-il dit se montrant ainsi rassurant. Or, le message n’est, pour l’heure, pas été perçu de cette manière aux Etats-Unis.

Le secrétaire d’Etat US Antony Blinken, a exprimé ses craintes, hier en ce qui concerne la Tunisie. Dans une interview accordée hier, jeudi 29 juillet 2021 à la chaine qatarie Al Jazeera, il a fait part de ses craintes que « la Tunisie puisse s’écarter de la carte démocratique et de prises de décisions qui pourraient être en contradiction avec la constitution, comme le gel du parlement ».

Selon Antony Blinken, la Tunisie symbolisait un exemple fort de la démocratie non seulement pour la région mais pour le monde », a-t-il ajouté réitérant la nécessité d’instaurer un nouveau gouvernement dans le respect de la Constitution ».

Rappelons que le président de la République Kais Saied a eu, le 26 juillet, un entretien téléphonique avec le secrétaire d’Etat US et lui a réaffirmé « son respect de la légitimité, des droits et des libertés », ajoutant que les décisions qui ont été prises interviennent en application de l’article 80 de la Constitution pour protéger l’Etat, préserver les instances constitutionnelles et réaliser la paix sociale.

Cité dans un communiqué de la présidence, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a souligné la disposition de son pays à continuer de développer les relations de partenariat dans divers domaines entre la Tunisie et les Etats-Unis et de renforcer les valeurs communes relatives à la protection de la démocratie et des droits de l’Homme.

Dimanche, la Maison Blanche avait d’ailleurs exprimé sa position compte tenu de la situation en Tunisie. Selon un communiqué cité par Al-Jazeera, la Maison Blanche a estimé que « jusqu’ici, ce qui se passe en Tunisie n’est pas un putsch ».

L’administration US a annoncé que ses Affaires étrangères sont en train de suivre ce qui se passe en Tunisie notamment sur un volet légal, appelant tous les protagonistes à faire preuve de retenue et de calme et à opter pour le dialogue.

Le Département d’Etat US a annoncé avoir été en contact avec des représentants du gouvernement tunisien pour souligner que les solutions aux problèmes politiques et économiques de la Tunisie devraient être fondées sur la constitution et les principes de la démocratie, des droits de l’homme et de la liberté.

« Nous avons été clairs en exhortant toutes les parties à éviter de prendre des mesures qui pourraient étouffer le discours démocratique ou conduire à la violence. Nous sommes particulièrement troublés par les informations selon lesquelles les bureaux des médias ont été fermés et nous exhortons au respect scrupuleux de la liberté d’expression et d’autres droits civils », indique notamment un communiqué.

Rappelons que le Chef de l’Etat a décidé, dimanche 25 juillet, de geler les travaux du Parlement, de lever l’immunité de tous les députés, de limoger le Chef du gouvernement Hichem Mechichi et de prendre en main le pourvoir exécutif, conformément aux dispositions de l’article 80 de la Constitution.

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