Cannes 2021 – Mon Palmarès idéal

Ghahreman (Un héros) réalisé par Asghar Farhadi
« Ghahreman (Un héros) » réalisé par Asghar Farhadi.

Cannes 2021Plus que quelques heures et seront dévoilés les lauréats de la 74eme édition du festival de Cannes qui s’est tenue exceptionnellement cette année du 6 au 17 juillet 2021

24 films étaient en compétition pour la Palme d’or.

Contrairement aux années précédentes où il y avait beaucoup de discussions sur les films lors des longues files d’attentes et dans les divers pavillons du village international, rien de tel cette année, puisque ces files d’attentes ont été supprimées grâce au système de la billetterie électronique mis en place à cause de la pandémie de la Covid 19.

Quant aux divers magazines spécialisés et journaux, chacun y va de son propre pronostic, sans qu’une véritable tendance soit visible, sauf peut-être pour le film iranien Ghahreman (Un héros) réalisé par Asghar Farhadi.

J’ai personnellement vu 18 des 24 films en compétition.

Si je devais donner des prix, je décernerais sans hésitation la Palme D’or au film iranien Ghahreman (Un héros), (ou à défaut le prix du meilleur scénario et/ou de la mise en scène). Ce film, très bien écrit et très bien réalisé, dénonce avec finesse et subtilité, les méfaits des médias et des réseaux sociaux qui peuvent créer et détruire un héros en quelques heures, uniquement sur la base de rumeurs ou de simples statuts. Le film est non seulement d’actualité, mais il nous concerne tous. Ces réseaux sociaux sont aujourd’hui devenus une arme qui décide du destin des êtres humains et même parfois de nations entières.

En même temps, le film nous permet de connaître encore plus la société iranienne, son mode de fonctionnement et sa justice, qui encore au XXIème siècle connaît la contrainte par corps, la peine de mort et un système d’indemnisation des victimes très particulier.

Le film qui mériterait le Grand Prix serait la comédie musicale Annette de Leos Carax, pour sa belle histoire, mais surtout pour sa mise en scène originale.

Le prix du jury devrait revenir à Haut et fort de Nabil Ayouch, pour l’originalité de son thème. Même si on peut reprocher au film quelques maladresses de réalisation. Nabil Ayouch raconte une histoire de fiction, inspirée de sa réalité, et tournée comme s’il s’agissait d’un documentaire. Par ailleurs, le thème du film est d’actualité dans nos pays arabo-musulmans, dont la jeunesse fait face à un énorme mouvement de conservatisme. Contre ce mouvement, certains jeunes se battent quotidiennement pour donner de la voix et se faire entendre. Ces jeunes qui luttent contre leurs familles et leurs milieux méritaient que Nabil Ayouch raconte leur quotidien et leur donne un moyen de faire parvenir leurs voix. Haut et Fort est un message délivré à la jeunesse des banlieues marocaines (et arabes) et explique que la musique (et la culture en général) est un remède contre les maux, une arme de revendication sociale et surtout une alternative à la violence.

Il est évident pour moi que le prix de meilleure interprétation féminine devrait revenir à Virginie Efira pour son rôle de Benedetta, dans le film du même nom, et inspiré de la vie de la nonne Benedetta Carlini.  Virginie Efira a porté le film sur ses épaules. Elle a été plus que convaincante dans ce rôle difficile et provocant.

Le prix de meilleure interprétation masculine devrait revenir soit à Amir Jadidi pour son rôle dans le film Un héros, soit à Simon Rex, pour son rôle de Mikey Saber, ancienne star du porno dans le film Red Rocket, soit à Gijs Naber pour son rôle de Jakob Störr dans The story of my wife, où il a été excellent dans le rôle de ce mari aimant et tourmenté, ne sachant plus que faire pour en même temps garder son épouse et sa propre estime et rester lui-même.

S’il ne remporte pas la Palme d’Or, le prix de la mise en scène devrait aller à Un héros de Asghar Farhadi. Sinon à Annette de Leos Carax.

Quant au prix du meilleur scénario, soit à Un héros de Asghar Farhadi, soit pourquoi pas à Compartiment no 6, de Juho Kuosmanen.

Pour certains critiques de cinéma, le film tchadien Lingui, les liens sacrés réalisé par Mahamat-Saleh Haroun devrait figurer dans ce palmarès, pour moi, il n’aurait même pas dû figurer dans la sélection !

Jury Cannes 2021
Cannes 2021 – Les membres du Jury Longs métrages

Dans quelques heures, le Jury, présidé par Spike Lee et composé de l’actrice, scénariste et réalisatrice Mélanie Laurent (France), de l’acteur Tahar Rahim (France), de la réalisatrice Mati Diop (France), de l’auteure et interprète Mylène Farmer (France-Canada), de l’actrice, productrice, scénariste et réalisatrice Maggie Gyllenaal (USA), de la réalisatrice, scénariste et productrice Jessica Hausner (Autriche), du réalisateur, scénariste et producteur Kleber Mendonça Filho (Brésil) et de l’acteur Kang Ho SONG (Corée du Sud) dévoilera le Palmarès de cette 74ème édition.

Neïla Driss

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