Tunisie – Complots et coups d’Etat : A qui profite le « crime » ?

Après l’affaire de la lettre empoisonnée, Carthage est de nouveau au cœur d’une polémique pour le moins dangereuse : un présumé coup d’Etat contre le gouvernement de Hichem Mechichi.

L’information, relayée par le site indépendant britannique « Middle East Eye » a présenté un document classé « top secret », daté du 13 mai dernier, selon lequel un plan de coup d’État pour instaurer une « dictature constitutionnelle » aurait été mis en place.

Selon le document en question, le président Kais Saied serait amené à convoquer une réunion d’urgence du Conseil national de sécurité et déclarerait alors une « dictature constitutionnelle ».

« Middle East Eye » va plus loin en indiquant que le Chef du gouvernement, Hichem Mechichi et le président du Parlement, Rached Ghannouchi, ne seraient pas autorisés à quitter le palais de Carthage.

« Middle East Eye » évoque également l’arrestation de hauts responsables politiques à l’instar de Noureddine Bhiri, Rafik Abdessalem, Abdelkrim Harouni, ou Sofiene Toubel ainsi que des hommes d’affaires.

La première réaction non-officielle de la présidence est venue de la part d’une source anonyme au palais de Carthage qui a catégoriquement démenti le document estimant qu’il s’agit d’une pièce de théâtre très mal réalisée.

Et d’ajouter que « la présidence de la république n’est pas concernée par de telles allégations insignifiantes ».

Réaction plus « officielle »

Walid Hajjem, conseiller diplomatique à la présidence de la République, est intervenu ce mardi 25 mai 2021 pour commenter le document qui, selon lui, n’existe pas en premier lieu.

« Nous avons été surpris par ce document et surpris par les réactions qui en ont découlé », a indiqué Hajjem sur les ondes de Shems fm estimant qu’il s’agit d’un ciblage clair de la présidence de la République.

Selon lui, inclure la directrice du cabinet présidentiel et le Directeur général de la Sûreté du chef de l’Etat et des personnalités officielles dans cette affaire est synonyme de cibler le Président de la République, la Présidence de la République et la Tunisie.

« Le ciblage de Nadia Akacha, qui remplit son rôle correctement et travaille selon les diktats de sa conscience pour le bien de la Tunisie et de ses intérêts, est devenu systématique ».

La prise de cette position pour défendre Akacha vient à un moment où une plainte est portée contre elle dans le cadre de la même affaire. Sur son compte Facebook, le président du parti Al-Karama Seifeddine Makhlouf a annoncé avoir porté plainte contre la cheffe du cabinet présidentiel pour complot visant à renverser le régime.

Pour le député, ce document n’entre pas dans le cadre de la liberté d’expression et constitue une preuve pour porter plainte à la sécurité nationale. Il explique que la Coalition Al-Karama est notamment ciblée par ce « plan criminel », visant à renverser le régime.

A qui profite cette polémique ?

Publier de telles informations dans un pays qui reste en pleine transition démocratique ne peut être que maléfique. La source du document est encore inconnue, mais les scénarios ne manquent pas : serait-ce une tentative des ennemis de Kais Saied pour le déstabiliser ou provient-il de Carthage-même pour terrifier ses détracteurs et « étudier » leurs réactions ?

L’affaire pourrait être plus claire dans les jours à venir, à moins qu’on ne veuille l’enterrer comme tant d’autres.

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