Chaouachi : « L’article 80 renferme des restrictions empêchant un coup d’Etat »

Réagissant à la polémique sur un présumé coup d’Etat conduit par le président de la République, Kais Saied contre le gouvernement de Hichem Mechichi afin d’instaurer une « dictature constitutionnelle », le secrétaire général du Courant Démocrate, Ghazi Chaouachi a estimé que Kais Saied serait incapable de conduire un coup d’Etat.

Dans un statut publié sur sa page Facebook, Ghazi Chaouachi estime que l’article 80 de la Constitution renferme des conditions et des restrictions visant à préserver l’unité, la sécurité et l’indépendance de l’État ainsi que la stabilité de ses institutions »… En d’autres termes, cet article empêche toute tentative de coup d’Etat contre les institutions.

Selon l’article 80 :

« En cas de péril imminent menaçant les institutions de la nation et la sécurité et l’indépendance du pays et entravant le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, le Président de la République peut prendre les mesures nécessitées par cette situation exceptionnelle, après consultation du Chef du gouvernement et du Président de l’Assemblée des représentants du peuple et après en avoir informé le président de la cour constitutionnelle. Il annonce les mesures dans un communiqué au peuple.

Ces mesures doivent avoir pour objectif de garantir le retour dans les plus brefs délais à un fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Durant toute cette période, l’Assemblée des représentants du peuple est considérée en état de réunion permanente. Dans ce cas, le Président de la République ne peut dissoudre l’Assemblée des représentants du peuple et il ne peut être présenté de motion de censure contre le gouvernement.

A tout moment, trente jours après l’entrée en vigueur de ces mesures, et à la demande du Président de l’Assemblée des représentants du peuple ou de trente membres de ladite Assemblée, la Cour constitutionnelle est saisie en vue de vérifier si la situation exceptionnelle persiste. La décision de la Cour est prononcée publiquement dans un délai ne dépassant pas quinze jours.

Ces mesures cessent d’avoir effet dès que prennent fin les circonstances qui les ont engendrées. Le Président de la République adresse un message au peuple à ce sujet ».

Rappelons que la polémique a été créée par le site indépendant britannique « Middle East Eye » qui a présenté un document classé « top secret », daté du 13 mai dernier, selon lequel un plan de coup d’État pour instaurer une « dictature constitutionnelle » aurait été mis en place.

Selon le document en question, le président Kais Saied serait amené à convoquer une réunion d’urgence du Conseil national de sécurité et déclarerait alors une « dictature constitutionnelle ».

« Middle East Eye » va plus loin en indiquant que le Chef du gouvernement, Hichem Mechichi et le président du Parlement, Rached Ghannouchi, ne seraient pas autorisés à quitter le palais de Carthage.

« Middle East Eye » évoque également l’arrestation de hauts responsables politiques à l’instar de Noureddine Bhiri, Rafik Abdessalem, Abdelkrim Harouni, ou Sofiene Toubel ainsi que des hommes d’affaires.

La première réaction non-officielle de la présidence est venue de la part d’une source anonyme au palais de Carthage qui a catégoriquement démenti le document estimant qu’il s’agit d’une pièce de théâtre très mal réalisée. Et d’ajouter que « la présidence de la république n’est pas concernée par de telles allégations insignifiantes ».

Walid Hajjem, conseiller diplomatique à la présidence de la République, est intervenu ce mardi 25 mai 2021 pour commenter le document qui, selon lui, n’existe pas en premier lieu.

« Nous avons été surpris par ce document et surpris par les réactions qui en ont découlé », a indiqué Hajjem sur les ondes de Shems fm estimant qu’il s’agit d’un ciblage clair de la présidence de la République.

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