Tous les films du festival « Tricky Women »

Le festival « Tricky Women présente les œuvres des réalisatrices autrichiennes de films d’animation et se déroule pour la première fois en Tunisie à l’initiative de l’ambassade d’Autriche et de la station d’art B7L9 à Bhar Lazreg.

Les films participants sont désormais connus et proposent en version originale, les multiples facettes du film d’animation en Autriche avec ses réalisatrices les plus emblématiques.

Voici les œuvres qui seront projetées durant ce festival. Toutes les séances de projection seront suivis de débats modérés par les médiateurs de la station d’art B7L9.

« Linze Lust » (Plaisirs de Linz) de Maya Yonesho
Durée 3′
Autriche/Allemagne 2019

D’une durée de 3 minutes très intenses, ce film rappelle que le plaisir commence avec l’art culimaire, grâce à une caméra qui se dirige vers une grande tarte de Linz et une main qui montre un dessin où se trouvent des carrés.
Les carrés commencent à se dissoudre en points et changent de couleur jusqu’à ressembler à un bâtiment de Linz.

Maya Yonesho nous montre un « stop-motion film », avec des dessins qui prennent la fonction de panneaux indicateurs à travers la ville de Linz. Le travail est si habile qu’on ne sait plus si c’est la ville ou l’artiste qui détermine le tempo et le dessin.
C’est d’ailleurs une caractéristiques des films de Maya Yonesho qui sont des visites guidées de la ville grâce à la technique du « feuilletoscope » utilisant plus de mille dessins accompagnés des traces sonores de la ville.

« Vermessung der Distanz » (La mesure de la distance) de Susi Jirkuff
Durée 7′
Autriche 2019

Réalisé par Susi Jirkuff, ce film d’animation dure 7 minutes et a été réalisé en 2019. Ce film montre un projet consacré aux quartiers urbains marginalisés, avec leurs habitants qui sont également des groupes sociaux confinés à la lisière du progrès social. Le film montre la « distance », l’anonymat de l’architecture, la déchéance, mais aussi le mouvement et l’interaction dans cet espace.

Le langage audio-visuel du film est transparent et montre comment les lignes architectoniques et les bruissements se mélangent sous l’œil du spectateur. Susi Jirkoff utilise une composition de Joanna Bailie qui a été créée autour du projet « Happiness Machine » consacré au thème de l’économie du bien-être.

« Who’s Afraid Of RGB ? » (Qui a peur de RGB ?) de Billy Ruisz
Durée 8’20
Autriche 2019

Le film de Billy Ruisz se réfère au cycle des images de Barnett Newmann « Whos afraid of Red, Yellow and Blue”. Le film trouve aussi sa source dans la culture populaire, le cinéma en général et le film d’horreur en particulier.

Les corrélations entre les processus psychiques, (comme l’émotion) et les fonctions fondamentales du corps (comme la respiration) sont mises en scène par les vidéos.

« In Her Boots » (Dans ses bottes) de Kathrin Steinbacher
Durée 6’02
Autriche/Royaume-Uni 2019

Les chaussures de randonnée sont le sol sous les pieds, la certitude qu’on existe. C’est le principe pour la grand-mère Hedi qui n’enlève jamais ses chaussures qui sont déjà trouées. Les gens du village se moquent sur des chaussures fatiguées.

Seul son petit enfant compatit. C’est un film plein d’amour et de respect pour la génération des aînés, en particulier ceux qui souffrent de démence.

Kathrin Steinbacher qui vit en Grande Bretagne, a eté nominée dans la catégorie « Best British Animation Short ».

« The Outlander » de Ani Antonova
Durée 5′
Autriche 2018

Ani Antonova raconte avec son film d’animation le long et pénible voyage du premier éléphant viennois Süleyman. Au seizième siècle, cet éléphant est arrivé via Ceylan et Lisbonne pour être finalement envoyé à Vienne. Un cadeau vivant pour l’empereur Maximilian II.

Plus de 5000 dessins tiennent l’animal en mouvement éternel. Ani Antonova entrelace dans son film des sources historiques et ébauche des œuvres d’époque dans ce portrait triste et erratique d’un animal portant le nom d’un sultan ottoman, ennemi juré de la maison Habsburg.

« Shaul und Iwan » (Shaul et Iwan) de Rebecca Akoun
Durée 9’50
Autriche 2019

Shaul chante et les gens commencent à danser, inattentifs à leur entourage et enveloppés de la musique Klezmer. Ce film raconte un élan, celui d’une amitié entre Shaul et Iwan et d’une rencontre de religions et communautés différentes.

« Contouring » (Contours) de Veronika Schubert
Durée 3’50
Autriche 2019

« Je suis tellement excitée d’essayer. Je vais mettre mes doigts ici »… Le monde des influenceurs est infini mais le vocabulaire et les attitudes sont interchangeables.
Veronika Schubert utilise les motifs « Textile » et avec son animation « 2D », elle change la dimension et les contours.

Devant nous, de nouveaux modèles et images se développent, tous couverts par les teintes diverses d’un maquillage. Puis les pixels se floutent et tout
cela fait beaucoup de chichis dans un monde superficiel.

« Lieb Dich » (Aime-toi) de Sabine Groschup
Durée 8′
Autriche 2019

Un homme regarde une lettre avec beaucoup de passion. Il la hume, la palpe, la soupèse. Nous écoutons ses battements de cœur qui augmentent. Lentement, il ouvre la lettre et sur le papier, les mots se changent en images, et les images se multiplient. Sabine Groschup se dédie dans son film au sentiment d’être amoureux et à l’intensité d’être ensemble.

Le paysage romantique qui transforme deux cœurs enlacés est au cœur de son projet.
Puis quand l’homme referme la lettre, le son prend la place de l’image. Nous écoutons alors un poème d’amour de la plume de Sabine Groschup

« Pangäa » de Beate Hecher et Markus Keim
Durée 13’35
Autriche 2020

Beate Hecher et Markus Keim decrivent la vie quotidienne d’un fonctionnaire qui cherche le juste équilibre entre travail et vie privée. Tout à coup, la monotonie change, les alentours se transforment. Qu’est-ce qu’il reste ?

Quatre films de Anna Vasof
Autriche 2019

Cette série de quatre films dévoile les secrets des films d’animation. La magie et l’humour qui traversent ces films sont perceptibles dès leur titre. Brèves, ces œuvres d’Anna V. s’intitulent « Le mur en verre », « Discours explosif », « Cardiographe » et « Former des vagues ».

Ces films très rythmés jouent avec la perception de la réalité en la transfigurant en absurdité. Les titres des films sont souvent des formules, des proverbes qui sont repris á la lettre. Toutefois, la vie elle-même sait parfois être absurde comme le montrent ces films.

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