Tunisair : Les trois erreurs fatales de Olfa Hamdi

La polémique autour du limogeage de l’ancienne PDG de Tunisair Olfa Hamdi enfle toujours. Si pour le ministre du Transport, ses derniers agissements sur fond de son conflit avec l’UGTT résident derrière cette décision, elle conteste toute une culture d’exclusion de la femme et des jeunes en Tunisie.

Cependant, dès sa nomination, les choix et la conduite de Olfa Hamdi à la tête de la compagnie nationale étaient controversés. A commencer par sa première vidéo en train de tenir un speech devant la foule, jusqu’à la publication de la correspondance de l’UGTT, Olfa Hamdi n’a pas su, en tout cas, convaincre les autorités de ses compétences.

Mais principalement, trois erreurs fatales, ont fait que sa mission à la tête de la Gazelle soit si courte.

Trop de communication tue la communication

Férue, dès le début, des réseaux sociaux, Olfa Hamdi se concentrait en effet sur son image sur ces plateformes de participation sociale, au point que la page Facebook officielle de Tunisair a pris la forme de sa page personnelle.

Nous assistons aujourd’hui à l’avènement d’une nouvelle manière de communiquer qui est tout simplement en train de révolutionner notre monde, notre société, notre mode de vie. En effet, les innovations technologiques, toujours plus rapides, toujours plus élaborées, permettent désormais une interactivité constante. Cependant, il s’agit d’une arme à double tranchant, et Olfa Hamdi a été victime de sa propre arme.

On ne peut pas gérer Tunisair sur et par les réseaux sociaux, c’est ce qu’on lui reprochait continuellement. Si pour elle, faire usage des réseaux sociaux émane d’une stratégie de présence, de visibilité et de « personal branding », ces usages et pratiques ont fini par avoir un effet contreproductif.

L’UGTT, une guerre perdue d’avance

La seconde erreur fatale qu’a commise Hamdi n’est autre que son conflit avec l’UGTT et avec les parties syndicales du transporteur national.

Après avoir pris les commandes de la Gazelle, l’ancienne PDG a voulu délimiter son territoire en s’attaquant aux syndicats et en essayant de les prendre pour responsable de la crise de Tunisair notamment sur les réseaux Facebook. Il était question de détruire leur image, une stratégie qui, malheureusement pour elle, a échoué.

Sauf que progressivement, ces agissements ont pris la forme d’un bras de fer avec Noureddine Taboubi qui en l’espace de quelques jours, a pu triompher avec les moindres efforts. Il ne fallait qu’un sit-in au siège social de Tunisair et qu’une réunion avec le chef du gouvernement pour en finir avec Olfa Hamdi définitivement. Car en effet, les syndicats et notamment ceux de Tunisair sont si puissants et tous ceux qui les ont défiés ont fini par partir, c’est la force de la foule !

Des visites et des rapports controversés

L’ascension fulgurante d’Olfa Hamdi, présentée comme une jeune compétence sanctionnée par la bureaucratie tunisienne et qui incarne la détermination et le succès pose problème. A commencer par ses compétences et ses diplômes que tout le monde remet en cause, arrivant à ses relations étrangères, l’ancienne PDG ne fait pas l’unanimité.

Et ce sont surtout ses dernières visites aux diplomates étrangers installés en Tunisie qui ont enfoncé le clou. Sa visite rendue à l’ambassadeur US en Tunisie lui a été fatale.

Elle annonçait « qu’elle a été heureuse de rencontrer, aujourd’hui jeudi 18 février 2021, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique auprès de la Tunisie, pour évoquer l’importance du Groupe de la Compagnie aérienne Tunisair en rapport avec l’économie tunisienne. », une manière de montrer qu’elle est soutenue par un appui américain, mais ces messages ont été également contreproductifs.

Olfa Hamdi, dont les relations de lobbying avec des personnalités américaines de grosse pointure ne sont plus un secret pour personne, a payé très cher de son manque d’expérience, de ses stratégies communicationnelles défaillantes, mais aussi d’une guerre perdue d’avance avec l’UGTT.

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