Consultés par Mechichi, les Constitutionnalistes pour une solution politique

La crise politique aura trop duré. La Tunisie n’a jamais eu à affronter une telle situation politique où les deux têtes de l’Exécutif sont entrés en confrontation directe.

Ce mercredi 10 février, marque un nouveau round dans ce conflit interminable et chacun campe sur sa position. Alors que le chef de l’Etat a préféré inviter des représentants des députés au palais de Carthage, Hichem Mechichi, lui, essaye toujours d’appuyer sa position en faisant impliquer de nouveaux protagonistes.

Après avoir sollicité l’avis des chambres consultatives du Tribunal Administratif, le voila inviter des Constitutionnalistes dans une tentative de mettre la pression sur Kais Saied, sauf que ces derniers ont préféré éviter toute politisation de leur avis en optant pour une solution politique.

En effet, les différents professeurs et spécialistes en droit constitutionnel, invités ce mercredi à la Kasbah, sont allés sans le sens d’une solution politique comme issue à cette crise. C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre le professeur en droit constitutionnel Haykel Ben Mahfoudh à la fin de cette réunion.

Lui qui explique que quelques instruments légaux et constitutionnels peuvent être mobilisés pour débloquer la situation de blocage, mais ceci fera fi de la stabilité politique du pays et de la relation entre ses différentes institutions.

Kais Saied contre-attaque

Au coeur de cette image politique brouillée, le président de la République, Kais Saied, a invité un certain nombre de députés de plusieurs blocs au Palais de Carthage, ce mercredi 10 février 2021.

L’invitation a été adressée à Samir Dilou et Naoufel Jemli du mouvement Ennahdha, Samia Abbou, Hichem Ajbouni et Nabil Hajji du Courant démocratique, Zouheir Maghzaoui et Haykel Mekki du mouvement Echaab, Mustapha Ben Ahmed de Tahya Tounes ainsi que les indépendants Hatem Mliki et Khaled Gassouma.

Lundi, les services consultatifs du Tribunal Administratif ont reçu une correspondance de la part de la présidence du gouvernement portant sur le blocage relatif à la prestation de serment des onze ministres approuvés par l’Assemblée des représentants du peuple.

Hichem Mechichi avait également appelé, le président de la République, dans une correspondance, à fixer une date pour la cérémonie de prestation de serment des nouveaux ministres, sauf que ce dernier rejette catégoriquement certains noms pour soupçons de corruption. La situation renvoie en effet à un blocage et à un bras de fer engagé entre les deux hommes.

En recevant, mercredi 3 février 2021, le secrétaire-général de l’UGTT, le président de la République Kais Saied avait réitéré son refus du dernier remaniement ministériel.

En effet, dans un communiqué rendu public, la présidence de la République a annoncé que le chef de l’Etat a renouvelé son rejet du remaniement ministériel qu’il juge contraire aux dispositions de la Constitution. Le chef de l’Etat a souligné les efforts de la centrale syndicale visant à sortir de cette crise, mais s’est dit « attaché à ses engagements et principes envers le peuple », rappelant que tout dialogue doit être soumis à ces principes.

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