L’UGTT s’oppose à la vente des parts de l’Etat dans les entreprises publiques

Pas question pour l’Etat de céder ses parts dans les entreprises publiques. L’affaire est une ligne rouge pour l’UGTT.

Le secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Sami Tahri, a renouvelé le rejet de la centrale syndicale de toute cession des parts de l’Etat dans les entreprises publiques.

Ces propos viennent en réponse à l‘interview du ministre de l’Économie, des Finances et de l’Investissement, Ali Kooli, qui avait confirmé la possibilité de vendre des parts de l’Etat dans certaines entreprises publiques, dans le cadre des réformes proposées par le gouvernement.

Tahri a estimé que le gouvernement cherche des priorités lointaines « alors qu’il n’a pas réussi à assurer les exigences de l’étape actuelle de lutte contre le Coronavirus ».

Il a également critiqué ce qu’il considérait comme des efforts du gouvernement pour céder ces entreprises afin de financer le budget sans entreprendre une réforme fiscale et lutter contre la corruption pour mobiliser des ressources.

S’exprimant à l’agence TAP, il a également souligné que le gouvernement et les responsables n’ont pas le droit de prendre la décision de céder des institutions publiques, soulignant que ce sont des institutions stratégiques qui peuvent être un levier pour l’économie tunisienne en l’absence d’investissements étrangers.

Réformes, cessions, réduction des effectifs… les entreprises publiques, ce dossier casse-tête !

La question de la réforme des entreprises publiques à la lumière de la crise économique reste l’un des sujets auxquels la centrale syndicale tient le plus.

Dans une interview accordée à Reuters, Noureddine Taboubi avait pourtant déclaré que l’UGTT restait ouverte aux réformes économiques, à condition, toutefois, qu’elles respectent la souveraineté nationale. 

Il avait d’ailleurs exprimé le souhait et la volonté de l’UGTT à négocier avec un gouvernement fort pour étudier ces réformes qui toucheront les entreprises publiques, précisant que les dossiers devront être traités au cas par cas.

Il avait également soutenu que l’UGTT n’était pas opposée à une réduction des effectifs de certaines entreprises publiques, citant pour exemple le cas de Tunisair et l’accord de la centrale syndicale pour le départ de 1200 employés mais rappelant que l’Etat n’a pas encore respecté ses engagements financiers, ce qui a entravé la mise en œuvre de l’accord.

Noureddine Taboubi avait, par ailleurs, appelé à instaurer une justice fiscale. Selon lui, il s’agit d’une réforme devenue urgente, estimant qu’aujourd’hui 75% des impôts sont payés par les salariés, contre 5% pour le secteur privé et 20% pour les établissements financiers.

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