Tech Trends by TT : Le digital et l’inclusion financière

Moez Kamoun

Tunisie Telecom a organisé, le 5 novembre dernier son premier webinaire. Un webinaire axé sur l’inclusion digitale en tant que levier économique et social. L’évènement, retransmis en direct sur le compte Linkdln de Tunisie Telecom a permis de comprendre les vrais enjeux de la digitalisation en Tunisie.

Lors de son intervention, Moez Kamoun (Partner Consulting Leader PWC Tunisie) a abordé l’impact de la digitalisation sur le plan financier.

« En Tunisie nous avons un taux de pénétration du mobile qui est relativement très important. Le dernier rapport de l’Instance Nationale des Télécommunications fait état d’un taux supérieur à 120%. C’est un taux qui est largement supérieur par rapport aux pays en voie de développement et à la moyenne mondiale.

Le deuxième point est relatif à l’écosystème, notamment le réseau des agences bancaires avec les bureaux de la poste, qui maillent le pays. En termes de présence de structure d’accueil, nous avons des éléments qui sont assez importants. On a toujours parlé d’un taux de bancarisation qui est relativement faible, avoisinant les 35%, 36% en Tunisie. Donc il y a beaucoup de marge par rapport à cet aspect quantitatif à faire évoluer.

En Tunisie, sur un plan purement qualitatif, nous avons établi une stratégie nationale d’inclusion financière pour la période 2018-2022. Egalement, il y a eu la création de certaines instances de gouvernance, notamment l’observatoire national de l’inclusion financière, le comité national de l’inclusion financière, et ce sont des prérequis pour aider cette inclusion financière.

Si nous essayons également d’analyser certaines initiatives assez récentes, qui datent de 2018 et 2020, notamment la banque centrale en tant qu’acteur majeur, il y a eu le lancement de tout ce qui est BCT, un laboratoire d’innovation qui a été lancé par la banque centrale.

Il y a eu aussi la mise en place de Sandbox réglementaire, sorte de dispositif règlementaire pour une période limitée dans le temps, pour essayer, sous la supervision de la banque centrale, un certain nombre de solutions, avec un large public, et la banque centrale dispose toujours d’un mode Dixit pour sortir de ces solutions à proposer.

Il y a eu une certaine dynamique en tant que levier et également il y a eu des circulaires pour les établissements de paiement, et des circulaires de la part de la banque centrale sur les paiements mobiles domestiques. Donc tout cela favorise l’écosystème à se développer. Il y a un écosystème qui est prêt pour favoriser l’inclusion finn en termes de levier et d’accélérateur ».

Moez Kamoun aborde également la question d’une manière plus horizontale en évoquant les facteurs d’exclusion financière. Souvent présentés sous forme de contrastes, il en cite quatre principaux : rural / urbain, homme / femme, population favorisée / population défavorisée et informel / formel. Selon lui, ce sont les quatre facteurs qui va falloir convertir en leviers, en accélérateurs afin de parvenir aux solutions recherchées.

« Les solutions passeraient, dans un premier temps, par une harmonisation du cadre réglementaire, sur les conditions bancaires lors des transactions financières. Il s’agit de créer une vraie synergie complémentaire entre les opérateurs de télécommunications, les institutions finn et les régulateurs (banque centrale, l’Instance du contrôle de la micro-finance, l’Instance Nationale de télécommunications) et l’ensemble des acteurs doivent être dans une logique de complémentarité et non de compétition.

Il y a une volonté entre ne serai-ce qu’entre les opérateurs, de consolider et de travailler ensemble sur un certain nombre de sujets assez stratégiques. Un autre point qui serait également un élément de la solution, c’est l’aspect confidentialité et sécurisation de traitement et d’exploitation des données personnelles et également la manière avec lesquelles les opérations sont traitées sur le plan digital à partir des paiements, du traitement des données. C’est un dispositif qui nécessite vraiment le concours de plusieurs intervenants.

Ces leviers ont un impact socio-économique certain, parmi les indicateurs qu’on chercherait à avoir c’est de voir l’impact des services financiers et digitaux sur le PIB. Nous avons un certain nombre d’indicateurs qui sont publiées par les instances qui gèrent le reporting de l’Etat, l’Institut National des Statistiques, mais nous constatons qu’il y a un déficit en terme d’indicateurs socio-économiques spécifiques pour le pilotage de cette inclusion financière digitale.

Nous avons besoin de savoir la part des services digitaux financiers dans le PIB, un indicateur très important à piloter parce qu’après tant d’années cela va devenir l’indicateur par excellence à suivre, on va le considérer comme étant un indicateur pour les services financiers digitaux. Egalement, sur des sujets relatifs à tout ce qui est prestation sociale, à la santé, à l’e-santé, à l’éducation, ce sont des éléments qui doivent être bien pilotés au niveau des indicateurs.

En Tunisie, il y a des points très positifs sur lesquels il va falloir construire et aller vers l’avant pour pouvoir atteindre rapidement un certain nombre de grands projets qui ont été cités. »

Commentaires:

Commentez...