Tunisie : Dix bornes de recharge pour voitures électriques bientôt installées

La Société nationale de distribution des pétroles (AGIL) et la Société tunisienne d’électricité et de gaz (STEG) ont signé un mémorandum d’entente visant à installer les bornes de recharge pour voitures électriques.

La ministre de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines, Salwa Sghayer, a confirmé que l’accord s’inscrit dans le cadre d’un projet modèle pour tester et intégrer les voitures électriques dans le parc automobile national.

Elle a expliqué, ce samedi 19 décembre 2020, que l’expérience concernera d’abord les voitures administratives puis sera généralisée, ce qui permettra de réduire l’utilisation de carburants, soulignant la nécessité d’atteindre un taux d’utilisation d’énergies renouvelables de 30% d’ici 2030.

De son côté, le président-directeur général de AGIL, Nabil Smida, a confirmé que 10 stations seront mises en place pour recharger les voitures électriques, dont 4 concentrées sur les autoroutes et les 6 restantes dans les grandes villes.

1000 voitures électriques pour les structures publiques

En 2019, le directeur général des énergies renouvelables, Belhassen Chiboub, avait confirmé que 1000 voitures électriques seront importées au profit des structures publiques en Tunisie.

En deuxième étape, 70 mille voitures électriques seront ajoutées, dans le cadre de la stratégie de rationalisation de la consommation d’énergie.

Plus tôt, le sujet avait été évoqué par le responsable « efficacité énergétique transport », à l’Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Energie (ANME), Abelhamid Ganouni, qui avait indiqué que l’agence allait présenter un projet pilote, relatif à l’importation de 500 à 1000 voitures électriques, à un conseil ministériel.

Affaire en suspens depuis des années

Dans un dossier réalisé par Webdo.tn en 2018, la majorité des concessionnaires avaient regretté que la Tunisie ne dispose d’aucun cadre réglementaire pour encourager l’importation de ces voitures si coûteuses et parfois surtaxées.

C’est alors que Brahim Debbache, PDG d’Ennakl Automobiles et président de la Chambre syndicale des concessionnaires automobiles avait formulé une demande auprès de la commission des finances relevant de l’Assemblée des Représentants du Peuple pour solliciter une loi ou un cadre réglementaire qui régit l’activité et l’importation de ces véhicules.

A l’époque, Bassem Loukil, PDG d’Aures Automobiles était visionnaire et avait souligné que « la loi va suivre et que c’est inévitable ».

« A partir de 2020, les autorités seront obligées de s’adapter. Dans le monde, tous les constructeurs s’orientent de plus en plus vers la commercialisation des véhicules hybrides et électriques et certains comme en France et en Allemagne vont carrément arrêter de produire des véhicules à moteur essence ou diesel. On doit donc pouvoir être en adéquation », avait-il prévu.

Pour l’Agence Nationale pour la Maitrise de l’Energie (ANME), la question de la transition énergétique n’est plus une alternative, mais plutôt une obligation : Passer de l’énergie thermique à l’énergie électrique se présente alors comme une nécessité pour être en concordance avec les avancées technologiques en matière de construction automobile.

Abdelhamid Gannouni, chargé de la maitrise de l’énergie au sein de l’ANME, estimait que vu que le secteur du transport s’affiche comme le premier secteur énergivore en Tunisie, et le deuxième responsable des émissions de dioxyde de carbone, la transition énergétique devra être une priorité.

« Consciente de ce défi, l’ANME œuvre dans ce sens et a mis au point des projets et des programmes pour prévoir et encourager la transition énergétique dans le secteur du transport ».

Gannouni nous expliquait dans ce sens que l’agence avait déjà lancé un projet pilote, en introduisant pour la première fois en Tunisie, un bus et des véhicules à énergie 100% électrique, en partenariat avec le groupe Al Badr.

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