Une admirable battante : Monia, mon exemplaire Lady Tabouna

Monia | CP : Hatem Bourial

Monia et Saliha sont deux sœurs. L’aînée a choisi de monter un petit projet en obtenant un micro-crédit qui lui a permis d’installer un four tabouna.

Depuis, Monia, appuyée par sa soeur Saliha, pétrit, cuit et vend un pain savoureux qui recèle mille nuances de Tunisie.

Dans sa petite échoppe qui ne paie pas de mine, un couffin est rempli de nos galettes toujours chaudes et croustillantes.

Toute la journée, Saliha et Monia sont au service d’une clientèle des plus cosmopolites puisque Congolais, Ivoiriens ou Libyens viennent aussi goûter son bon pain.

On le dit: il n’y a que le travail qui paie et, dans notre cas, Monia gagne chaque jour en notoriété.

Je peux témoigner de son courage, son talent, son sens de la responsabilité et aussi de son talent inné.

Je l’ai nommée Lady Tabouna et tente depuis quelques semaines d’accompagner sa belle et exemplaire démarche.

Chaque jour, j’admire sa virtuosité et son désir d’aller de l’avant. Dans ma famille virtuelle, elles sont nombreuses ces mère-courage qui trouvent toujours des solutions et cherchent les ressources en elles-mêmes.

À mes yeux, elles sont les plus belles de nos femmes et les architectes invisibles et parfois ignorées de notre progrès social.

Monia et Saliha | CP : Hatem Bourial

Et si j’écris ces quelques lignes aujourd’hui, c’est pour saluer Rkaya de Kairouan, Hamida de Takrouna ou Myriam de Tijma. C’est pour m’incliner devant leur persévérance et leur travail.

C’est pour leur dire toute ma gratitude et mon admiration. C’est aussi pour que tous, autant que nous sommes, sachions ne pas passer à côté de cet effort incomparable qu’accomplissent des femmes anonymes et pourtant si exemplaires.

À Bhar Lazreg, en banlieue de la Marsa, elles sont nombreuses, de tous horizons et plurielles comme un arc-en-ciel.

Même si je ne pourrais vous les présenter toutes, j’ai une pensée pour chacune et saurai la transformer en geste, mouvement, action.

Quant à Monia et Saliha, à l’heure où vous me lisez, elles préparent leur pain, notre pain que nous romprons au nom du partage et de l’amour du prochain.

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