The Independent : « La Tunisie, un brillant exemple de démocratie dans un monde qui sombre dans le chaos »

La réaction politique et sociale à la suite du décès du président de la République, Béji Caïd Essebsi, a carrément ébloui les étrangers, de l’Est à l’Ouest. La régularité et l’harmonie avec laquelle le pouvoir est passé, en quelques heures, du défunt au président de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), a boosté davantage l’image de la Tunisie démocratique qui réussit sa transition.

Sur les colonnes du journal britannique The Independent, un article d’opinion signé par son correspondant Borzou Daragahi, on salue ce qui s’est passé ces derniers jours à Tunis.

« Contrairement aux monarchies héréditaires de la péninsule arabe, le prochain dirigeant tunisien ne sera pas déterminé par sa lignée. Au lieu de cela, la commission électorale du pays a fixé au 15 septembre le jour où les citoyens tunisiens décideront du successeur, ce qui constituera les quatrièmes élections libres et équitables tenues dans le pays depuis le soulèvement de 2011.

En dépit du malaise économique, de l’insurrection incessante des radicaux islamistes, des tentatives des forces de sécurité de se réaffirmer et du recul occasionnel des droits de l’homme et des libertés civiles, la Tunisie représente un rare exemple de nation arabe cherchant véritablement à devenir démocratique et pluraliste. Cela rend d’autant plus déconcertant que les puissances occidentales ne fassent pas plus pour soutenir l’expérience », écrit-il.

L’article évoque les multiples tentatives de l’administration de Trump visant à réduire le soutien financier à la Tunisie en dépit des difficultés économiques qui menacent son expérience démocratique mais souligne que jusqu’à présent, le Congrès a résisté aux tentatives déconcertantes de la Maison-Blanche.

« Ce n’est pas seulement les États-Unis. Le Fonds monétaire international a également constamment fait pression sur la Tunisie pour qu’elle adopte des mesures d’austérité au moment précis où de nombreux Tunisiens souffrent en raison de la hausse des prix, de la stagnation des salaires et du chômage. », ajoute-on, rappelant également l’exemple de l’ALECA « imposé par l’Union européenne, dirigée par la France », selon les législateurs tunisiens.

« La Tunisie, un pays de 10 millions d’habitants perché sur la mer Méditerranée entre la Libye et l’Algérie, contredit les sceptiques du Moyen-Orient et leurs facilitateurs occidentaux qui insistent sur le fait que les Arabes ne peuvent pas gérer la démocratie. C’est un modèle non autoritaire dans une région dominée par les autocraties ou qui s’effondre dans le chaos. C’est un pays qui mérite plus d’attention et de soutien international.

« La Tunisie réalise d’énormes progrès démocratiques dans un monde où nous assistons à une régression vers le chaos », estime Sarah Yerkes, une ancienne responsable du département d’État américain et du Pentagone.

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