Des funérailles dans la mémoire populaire : Moncef Bey, Belaid, Brahmi et les autres

Les obsèques de Moncef Bey

La Tunisie enterre aujourd’hui Béji Caid Essebsi, président de la République décédé au cours de son mandat.

C’est le deuxième président tunisien à être inhumé après Habib Bourguiba, le 6 avril 2000.

A l’époque, le peuple tunisien a été volé par Ben Ali lorsqu’il s’est agi de rendre un dernier hommage à Habib Bourguiba.

Les funérailles de Habib Bourguiba

L’ancien président doit aujourd’hui nourrir des regrets pour ce geste d’une brutalité sans précédent et d’une incompréhensible indélicatesse.

Plusieurs d’entre nous se souviennent de ce non-événement voulu par le pouvoir d’alors qui avait imposé une « omerta totale » et se souviennent de « programmes de télévision qui ne comportaient que des émissions animalières » au lieu de la retransmission des funérailles de Bourguiba.

Un jour « triste et frustrant » comme le disent aujourd’hui beaucoup d’entre nous. Si l’enterrement de Bourguiba ne fut pas le moment de communion nationale que méritait le fondateur de la République, d’autres funérailles – proches et lointaines – ont laissé un écho dans la mémoire collective.

Les obsèques de Chokri Belaid
Les obsèques de Chokri Belaid

Les plus âgés d’entre nous se souviennent ainsi des funérailles de Moncef Bey dont la dépouille avait été rapatriée de France où il vivait en exil.

De même, à cette même époque, les funérailles du bandit d’honneur Ali Chouereb ont laissé le souvenir d’une manifestation populaire, les enfants des faubourgs accompagnant jusqu’à sa dernière demeure cette icône.

On pourrait évoquer les enterrements de Habiba Messika ou de Farhat Hached ou encore, celui plus proche de nous du footballeur Hédi Berrekhissa, mort sur le terrain alors qu’il jouait sous les couleurs de l’Espérance.

Encore plus près de nous, nous pourrions évoquer les enterrements des nombreux martyrs tombés entre décembre 2010 et janvier 2011, durant les événements de la Révolution.

Les obsèques de Mohamed Brahmi
Les obsèques de Mohamed Brahmi

Enfin, les inhumations de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi ont eux aussi constitué d’inoubliables moments de ferveur populaire, après le traumatisme causé par leurs assassinats par les radicaux islamistes.

Aujourd’hui, toute la Tunisie retient son souffle et promet des funérailles grandioses à celui qui fut son président durant les cinq dernières années et un infatigable militant depuis ses premiers engagements.

A son tour, aujourd’hui, BCE fait son entrée dans l’histoire et la mémoire populaire. Par la grande porte, celle qui sied aux icônes de la République.

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