Billet | Charité bien, bien ordonnée !

«Ceux qui n’en ont pas pour eux-mêmes, pour leurs familles ou pour les leurs ne peuvent pas en avoir pour leur pays». C’est de dignité que nous parlons. La dignité ne s’apprend pas, ne s’acquiert par aucun apprentissage, aucune forme d’éducation ou d’enseignement, elle est le gène axial de tout individu, quelles que soient sa race, son appartenance ethnique ou sa culture.

Cette dignité est également le ciment qui soude les peuples, qui les préserve des atteintes, qui les motive en cas d’agression, les unifie contre les ennemis potentiels et leur fait serrer les rangs dans les périodes difficiles et les mauvaises passes. Que serait l’humain sans dignité ? Rien !

Et quand on perd la dignité on remballe quasiment tout. Ses origines, son histoire, ses traditions, ses us et coutumes, bref, tout son être. Un être sans dignité est un décérébré.
Les plus impitoyables des dictateurs ont veillé à délester leurs peuples de toute dignité, parce que si leurs sujets sont capables d’en éprouver, ils seront, eux, dans l’impossibilité de gouverner, de perdurer…

C’est, aussi, le propre de la redoutable machine démagogique de la secte des Frères musulmans, de leurs affluents et confluents islamistes, des «soft» aux terroristes, qui, en définitive, ne font qu’une entité homogène, solidaire et en sempiternelle symbiose.

Glissé dans cette machine, le mot dignité est le grain de sable qui en gripperait le mécanisme et en saperait tous les rouages. C’est, d’ailleurs, pourquoi ce vocable, les sens et les convictions qui en découlent sont totalement bannis de la démagogie des frères.

Toute leur idéologie se résume en un extrême rabaissement à tout, en la négation de toute forme d’autorité ou de gouvernance qui ne repose pas sur le religieux ou ce que les Frères conçoivent comme tel.

Mais ce n’est pas là notre propos. Nous ne faisons pas le procès du fondamentalisme uniquement, mais de tous ceux qui ont été impliqués ou sont impliqués de près ou de loin à la gestion des affaires de ce pays et qui, tout en réussissant à faire le jeu des intégristes en dissolvant la notion d’Etat dans un océan d’abus inimaginables, ont balayé les derniers soupçons de dignité dont ce peuple pouvait se targuer.

Et là, bien évidemment, nous nous retrouvons en pleine fable de la Fontaine, où le loup fondamentaliste manipulé par les Turcs, les golfiques et toute la nébuleuse islamico-terroriste, se fout de la gueule de l’agneau censé diriger un pays qui lui échappe totalement.

Un gouvernement qui, par démission ou par ignorance, ou les deux, accepte cette humiliante charité pour ses propres concitoyens, traités comme des réfugiés ayant fui une guerre ou victimes d’une quelconque calamité. C’est honteux, mais ils s’en foutent.

Du côté du loup, on jubile. Plus le peuple est rabaissé, plus il est délesté de sa dignité. C’est exactement l’image qui s’est offerte à nous en ce mois saint avec ce déploiement incroyable de centaines d’associations dites caritatives et sûrement parraines de pas mal d’actions obscures pour ne pas dire autre chose.

Ces associations un brin qataries, un brin turque et subsidiairement koweïtienne ont inondé les villages et quartiers de leurs offrandes ramadanesques. Restaurants improvisés pour la rupture du jeûne.

Des denrées alimentaires entreposées dans des dépôts et distribuées à une assistance déshéritée acculée à écouter un panel de dignes représentants de la fratrie islamiste tenter l’énième embrigadement qui enverrait les enfants de ces mêmes défavorisés, livrés en pâture par leurs gouvernants aux ogres intégristes, au mont Samama où ils iraient égorger nos vaillants soldats.

Imed BEN HAMIDA
Tunis-Hebdo du 20/05/2019

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