CPG : Des milliers d’employés fantômes payés à ne rien faire !

CP : Z. Souissi, Reuters

Dans un reportage publié hier, jeudi, l’agence Reuters est allée à Gafsa, pour dévoiler le dessous de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) qui peine à relancer la production avec les protestations répétitives.

Le reportage évoque des milliers d’employés fantômes de la compagnie qui sont payés mensuellement… pour ne rien faire !

Abdelbasset Klifhi, un agent de la CPG, a déclaré à l’agence qu’il perçoit un salaire de 280 dollars par mois (environ 850 dinars), même s’il passe la plupart du temps dans un café à Métlaoui.

« Il fait partie des 21 mille personnes recrutées par la CPG en 2011. Cette vague a porté son effectif total à environ 30 mille personnes et visait à réduire le nombre de chômeurs afin de mettre fin aux manifestations déstabilisant la transition vers la démocratie », peut-on lire. « Cependant, des milliers d’autres personnes sont toujours sans emploi, et certains bloquent quotidiennement les routes menant à la CPG pour demander du travail. D’autres appellent à des augmentations de salaire et organisent souvent des grèves ».

« Je reçois 850 dinars (279,62 dollars) par mois sans faire le moindre travail», a déclaré Abdelbasset, ancien manifestant et actuel employé de la Compagnie des phosphates de Gafsa.

Sur un budget annuel de 180 millions de dollars, la société dépense environ 70 millions de dollars sur les salaires, a déclaré à Reuters le ministre de l’Industrie, Slim Feriani dont le département supervise la CPG.

« Les recrutements qui ont eu lieu après la révolution ont eu pour objectif d’acheter la paix sociale mais ont aggravé les difficultés de la société », a-t-il déclaré. « Nous sommes conscients de ces employés qui ne font rien. »

Baisse de 80% de la production depuis 2010

La crise du phosphate dure, en effet, depuis des années avec pour conséquence une baisse de 80% de la production depuis 2010 (de 8,2 millions de tonnes à 2,6 millions de tonnes en 2018).

La CPG comptait pourtant pouvoir produire 6 millions 500 mille tonnes de phosphate à la fin de 2018, avait déclaré Rafaa Nsib, directeur central de la production à la CPG en mai dernier. Il estimait ce chiffre, réalisable…

Mais le déclenchement, depuis janvier 2018, des sit-in et leur poursuite jusqu’au début du mois de mars de la même année, a engendré le blocage total de l’activité de maintenance et a empêché la CPG d’atteindre cet objectif.

La CPG a, par ailleurs, enregistré des pertes de 1 milliard de dollars en raison du recul des exportations lors de ces huit dernières années et traîne derrière elle un lourd effectif avec plus de 6600 employés alors qu’ils n’était que 4700 en 2010.

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