Néji Jalloul : « Une personnalité de l’ancien régime pour remplacer Chahed à la tête du gouvernement »

A une dizaine de mois de la tenue des très importantes élections législatives et présidentielles de 2019, les mutations, permutations, démissions, déclarations ici et là comment à fuser.

Et les sondages réalisés tous les mois ne font qu’alimenter le feu, avec des chiffres qui montrent une remontée lente mais sûre du mouvement Ennahdha, et une chute remarquable de la popularité du président de la République, Béji Caid Essebsi.

Qui va se présenter aux Présidentielles ? Rien n’est encore officiel mais dans les coulisses, les noms sont quasi connus : Ennahdha prévoit de présenter son président Rached Ghannouchi et Nidaa Tounes confirme d’un jour à l’autre que c’est Caïd Essebsi senior qui sera, de nouveau, candidat dans la course au Palais de Carthage.

Le Chef du gouvernement a lui aussi une part dans ces prévisions. Avec une popularité ascendante, une alliance très étroite avec le mouvement islamiste et la naissance d’un nouveau parti politique, Chahed semble viser, discrètement, la présidence de la République, pour passer ainsi de La Kasbah à Carthage.

Chahed quittera bientôt La Kasbah

Ce mercredi 20 février 2019, Webdo a rencontré le leader au sein de Nidaa Tounes et directeur général de l’institut des études stratégiques (ITES), Néji Jalloul. Il nous a révélés qu’il existait une pression croissante de la part d’Ennahdha, notamment sur l’opinion publique, quant à un départ imminent de Youssef Chahed et la nomination d’un nouveau chef de gouvernement. Ce dernier sera une personnalité consensuelle, issue de l’ancien régime, note notre interlocuteur.

« Le mouvement Ennahdha et le nouveau parti de Youssef Chahed planifient à ce que ce nouveau Chef de gouvernement soit un outil bon enfant qui ne s’opposera pas à leur plan et l’exécutera sans questions », ajoute Neji Jalloul.

Nidaa Tounes et la préparation du congrès

Selon Neji Jalloul, il existe des consultations au sein de Nidaa Tounes concernant l’accueil de « compétences nationales » dont la majorité faisait partie de l’ancien régime.

« La porte est ouverte à toutes les compétences nationales pour intégrer notre parti à condition qu’on respecte la base des élections et qu’elle transitent donc par le vote durant le prochain congrès. Les bases nidaïstes n’acceptent plus les leaders « parachutés » qui, après avoir quitté leurs postes, révèlent la cuisine interne du parti », poursuit notre interlocuteur.

« Bienvenue encore une fois à tous ceux qui veulent donner une valeur ajoutée à Nidaa Tounes, comme Mondher Zenaïdi par exemple. Mais je tiens à répéter qu’il faut qu’ils passent, comme tous les autres anciens du parti, par les urnes, car les jeunes tunisiens ont lancé la révolution afin d’instaurer une démocratie.

Et pour que cette démocratie réussisse, il faut qu’elle soit appliquée au sein du parti, afin de donner naissance à des dirigeants choisis par les bases dont les décisions et les choix sont indépendants ».

Annonce officielle de « Tahia Tounes »

Ainsi, les prochains changements qui seront opérés sur la scène politique tunisienne deviennent de plus en plus clairs : un grand changement à La Kasbah, une annonce officielle du nouveau parti « Tahia Tounes » et la nomination probable d’une personnalité de l’ancien régime, laissant par conséquent la porte ouverte à une candidature de Youssef Chahed aux Présidentielles, sous forme d’une alliance avec le mouvement Ennahdha.

Commentaires:

Commentez...