Suspicions d’agressions sexuelles sur les enfants de l’école coranique de Regueb

L’affaire de l’école coranique de Regueb prend une ampleur sans précédent ! Les 42 enfants (âgés de 10 à 18 ans) de l’école coranique ont été pris en charge. Et d’après les premiers examens, ils auraient été victimes d’abus sexuels.

Mosaique fm rapporte que ces enfants ont du subir un test anal il se serait avéré que nombre d’eux ont été victimes d’agressions sexuelles.

Hébergés actuellement dans un centre national de prise en charge de l’enfance à Hammam-Lif, ils ont été pris en charge médicalement et psychologiquement, a indiqué à l’agence TAP le gouverneur de Ben Arous, Abdelatif Missaoui.

« Une équipe médicale composée, notamment, de psychologues a été mobilisée pour venir en aide à ces enfants », a-t-il fait savoir, soulignant qu’ils sont en contact permanent avec leurs familles.

Trois mandats de dépôt

Sur un autre plan et selon des sources judiciaires citées par Mosaique fm, le juge d’instruction du tribunal de première instance de Sidi Bouzid a émis, ce lundi 4 février 2019, des mandats de dépôt à l’encontre de trois individus impliqués dans l’affaire de l’école coranique.

Le ministère public, à Sidi Bouzid, avait été saisi par une plainte du commissaire régional à la protection de l’enfance et ordonné l’ouverture d’une enquête pour suspicion d’exploitation d’enfants. Le directeur de l’école a été placé en garde à vue pour traite des personne, exploitation économique d’enfants et violence outre la suspicion d’appartenir à une organisation terroriste.

Amnesty réagit

Un sit-in s’est toutefois formé ce lundi 4 février devant le Tribunal de Première Instance de Sidi Bouzid, où les parents des enfants qui ont fréquenté l’école coranique de Regueb ont protesté pour que leurs enfants soient « libérés » et pour que l’école, fermée, jeudi, sur décision des autorités, soit rouverte.

Au milieu d’un dispositif sécuritaire important, ces parents, soutenus par d’autres personnes, ont notamment protesté contre la pratique du test anal sur des mineurs et ont revendiqué la réouverture de l’école tout en infirmant la séquestration de leurs enfants.

D’un autre côté, l’organisation mondiale Amnesty International a appelé à libérer immédiatement les enfants placés dans un centre d’encadrement et a appelé les autorités à remettre les 42 enfants à leurs parents immédiatement.

Amnesty s’est déclarée « profondément préoccupée par les témoignages d’enfants qui ont contacté leurs parents au téléphone sur un examen anal dans le cadre de l’enquête sur des soupçons d’agressions sexuelles », soulignant que cette pratique « est extrêmement dangereuse et constitue une violation flagrante des obligations qui incombent à la Tunisie au regard de la convention internationale des droits de l’enfant ».

42 enfants et 27 adultes

Rappelons que le ministère de l’Intérieur a publié ce dimanche un communiqué concernant la fermeture d’une école coranique à Regueb.

Le département explique que le 29 janvier, la sous-direction de la protection sociale relevant de la direction de la police judiciaire s’est engagée à enquêter sur une activité suspecte d’une association coranique à Sidi Bouzid.

Cette association dirigeait une école qui hébergeait un groupe d’enfants et de jeunes hommes se trouvant dans des conditions inappropriées et faisant l’objet de mauvais traitements et d’exploitation économique. L’enquête a été réalisée en coordination avec l’instance nationale de lutte contre la traite des personnes et le délégué de la protection de l’enfance à Sidi Bouzid.

Le ministère a ajouté que le 31 janvier 2019, les unités de sécurité concernées, accompagnées du délégué régional de la protection des enfants et de 5 psychologues, se sont déplacées sur place où elles ont trouvé 42 enfants (âgés de 10 à 18 ans) et 27 adultes (âgés de 18 à 35 ans) vivant dans des conditions de santé, d’hygiène et de sécurité médiocres.

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