Entre corsaires d’hier et pêcheurs d’aujourd’hui : Le charme mélancolique de Porto Farina

Porto Farina | CP : Own work – Citizen59

Ne cherchez pas Porto Farina sur vos cartes routières. Ce nom n’existe plus depuis longtemps et a été remplacé par celui de Ghar el Melh.

La petite bourgade assoupie se trouve à une quarantaine de kilomètres de Tunis et fait partie d’un réseau de villages côtiers qui vont jusqu’à El Alia, Métline et Ras Jebel.

D’où provient le nom de Porto Farina ? Rares sont ceux qui le sauraient. On en est réduit à des conjectures : y eut-il un Farina qui aurait donné son patronyme au port ? Etait-il Andalou comme le veut la légende ? A-t-il réellement vécu ou son existence n’est-elle qu’une vue de l’esprit ?

Ici, un lac communique avec la mer par une passe d’une cinquantaine de mètres. Cette anse servira de refuge aux corsaires qui écumaient la Méditerranée dès la fin du quatorzième siècle.

Ces corsaires attaquaient les flottes chrétiennes, capturaient des prisonniers dont les plus riches seront rendus contre rançon alors que les autres étaient réduits en esclavage.

Il étaient fréquent que ces captifs abjurent leur foi pour commencer une seconde vie dans la foi musulmane et finir leurs jours comme agriculteurs ou artisans.

Ainsi, les corsaires venaient se réfugier dans les eaux tranquilles du lac de Porto Farina. C’est l’un d’eux qui construira un modeste port et un fort au dix-septième siècle.

Porto Farina | CP : picssr

Par la suite, le port prendra une importance capitale et deviendra celui de Tunis jusqu’à la fin du dix-huitième siècle.

Ensablé, il sera supplanté par la Goulette et abandonné malgré les nombreux ouvrages défensifs qui s’étaient édifiés à sa proximité.

Aujourd’hui, il ne reste de ce port que les arcades qui le bordent et la structure massive des forts du passé. En ces lieux, seul un petit port de pêche et ses barques multicolores évoquent le passé maritime d’un village également tourné vers l’agriculture et le tourisme.

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