UTICA : Continuité ou changement de cap ?

Wided Bouchamaoui, ancienne patronne des patrons

L’UTICA a-t-elle fait sa mue après le retrait de Wided Bouchamaoui de la présidence de cette vénérable organisation nationale ? Devons-nous nous attendre à des changements de position de sa part ? Ou va-t-elle opter pour une certaine forme de continuité à la fois dans les positions et dans les opinions ?

Sur ce plan, il faut d’abord commencer par affirmer que la renonciation de Wided Bouchamaoui à se porter de nouveau candidate à la présidence de l’UTICA avait de quoi surprendre au moins pour deux raisons.

La première tient au fait qu’elle ne s’était jamais exprimée sur la question et n’avait pas annoncé son départ. La seconde est sa présence régulière et continue à pratiquement à tous les congrès régionaux qu’elle a présidés elle-même, ce qui laissait croire qu’elle allait être candidate à succéder à elle-même.

Il est évident que sous la présidence de Wided Bouchamamoui, l’UTICA a pris une nouvelle dimension tenant notamment un rôle politique de premier plan. Sa participation au dialogue national et sa consécration par le prix Nobel en compagnie de l’UGTT, du Conseil de l’Ordre des Avocats et de la LTDH ont contribué à accorder une place de premier choix au syndicat patronal dans les grandes décisions relatives au pays.

Avec un tel bilan et une image reconquise, Wided Bouchamamoui a probablement voulu partir sur une note positive quoique le pays ne traverse pas un contexte positif, ce qui n’est pas de la responsabilité des patrons. En second lieu, elle avait aussi probablement besoin de prendre du recul et de s’accorder quelque repos après une débauche d’énergie et un mandat mouvementé en raison de la conjoncture.

Mme Wided Bouchamaoui est une femme à la forte personnalité, son départ, quoique inattendu, ne semble donc pas l’avoir été sous une quelconque influence ou après une quelconque pression.

L’ancienne présidente et le nouveau président de l’UTICA, Samir Majoul

Maintenant ce changement qui voit arriver à la tête de l’UTICA, un nouveau patron des patrons en la personne de M. Samir Majoul va-t-il influer sur ses positions et ses attitudes ? A priori, il semblerait que le syndicat patronal adopterait une certaine continuité annonçant d’entrée la volonté de l’UTICA de demeurer dans le Pacte de Carthage.

Mais, ceci ne signifie pas pour autant qu’il n’y aurait aucune nouveauté. Il semblerait que le nouveau patron de l’UTICA souhaite justement faire évoluer ce Pacte vers une plus grande attention et un intérêt plus soutenu aux questions économiques. Il a souligné que « nous ne pouvons sauver le pays que par l’emploi et les investissements » appelant le gouvernement, notamment, « à l’amélioration du climat des affaires pour nous aider à remplir notre rôle. »

Un vaste programme d’autant plus que les patrons ne sont guère satisfaits par quelques dispositions de la loi de finances 2018 qui alourdissent les charges des entreprises en contradiction avec la volonté exprimée de doper l’emploi et les investissements…

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