Akram Nouichi, l’usurpateur qui voulait devenir célèbre

Son post Facebook s’est répandu comme une traînée de poudre. Les saluts et les hourras se sont multipliés, sauf qu’à priori ce n’était qu’un scénario digne d’un film hollywoodien.

Hier, lundi 25 décembre, et quelques heures après la suspension des vols de la compagnie Emirates par les autorités tunisiennes, un jeune tunisien nommé Akram Nouichi, qui se décrit comme pilote de ligne à Japan Airlines, annonce qu’il boycottera tout vol vers et depuis les Emirats Arabes Unis, et ce en réponse à l’interdiction imposée aux femmes tunisiennes d’embarquer sur des vols d’Emirates.

Les internautes ont été touchés par son « patriotisme » et son « courage ». En quelques heures, le « pilote », devenu célèbre grâce à son statut partagé des centaines de fois, a accordé une interview et a été même au centre d’une question posée par Shems fm au ministre des Affaires étrangères.

« Il a pris une décision patriotique, et étant citoyen tunisien ceci l’honore », a déclaré le responsable.

Japan Airlines ne compte aucun pilote tunisien

Aymen Dkhil, président de l’Association tunisienne des jeunes pilotes (ATJP), a indiqué, suite au développement rapide qu’a connu cette information, que l’association a contacté Japan Airlines pour vérifier la véracité des propos de Akram Nouichi. La compagnie aérienne a démenti la présence d’un Tunisien parmi ses pilotes, et a indiqué que les Emirats Arabes Unis ne sont pas desservis par leurs vols.

Il est à noter que le compte Facebook de Akram Nouichi dans lequel il avait posté son statut a été supprimé.

« Fake news » et tri

Un tel incident remet sous la lumière les inconvénients du recueil d’informations à partir des réseaux sociaux, notamment l’importance de la notion du « tri ». De nos jours, Facebook ou encore Twitter sont devenus des sources éminentes d’informations, de communiqués officiels et d’annonces.

Des politiciens aux artistes, tout le monde diffuse leur nouveautés sur les « social medias ». Jusque là, rien de grave, les informations sont rapidement et facilement diffusées aux internautes, une situation de gagnant-gagnant pour les deux parties. Mais ce sont les « fake news » qui dérangent.

Ce phénomène qui avait permis à l’homme d’affaires Donald Trump d’accéder à la Maison Blanche devrait certainement être débusqué. Aux Etats-Unis, on estime qu’il s’agit d’une « guerre » et d’un « moyen dangereux » ayant permis l’avènement du milliardaire. On parle même de 126 millions d’Américains exposés à des fake news sur Facebook, un chiffre qui donne froid dans le dos.

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