Migration clandestine : Lampedusa a accueilli 8700 Tunisiens depuis 2011

L’ancien président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, Abderrahmen Hedhili, a déclaré que 8700 jeunes tunisiens sont arrivés à Lampedusa depuis la révolution, alors que 3500 autres ont été empêchés de franchir la frontière tunisienne.

Hedhili a souligné, lors dans sa communication à la conférence sur « la migration des jeunes dans un monde en mutation » tenue ce mardi, à Sidi Bouzid, à l’occasion de la célébration du 7e anniversaire de la Révolution du 17 décembre 2010, que l’interruption scolaire qui touche plus de 100 mille élèves, essentiellement, dans les quartiers populaires et les régions de l’intérieur, est l’une des principales causes de la prolifération du phénomène de l’émigration des jeunes.

Envoi des jeunes aux zones de conflits

De son côté, Hassan Hermassi, professeur à l’Université de Carthage a évoqué la version la plus dangereuse du phénomène de l’émigration clandestine celle destinée aux zones de conflit pour rejoindre les groupes terroristes à l’étranger. Selon lui, 12 mille jeunes tunisiens ont été enrôlés pas ces groupes.

Pour sa part, Abdeljalil Bouguerra, professeur à l’Institut supérieur d’histoire de la Tunisie, met l’accent sur la fuite des cerveaux dans le monde arabe signalant que 54% des étudiants arabes inscrits à l’étranger ne retournent pas dans leur pays à la fin de leurs études pour plusieurs raisons dont la faiblesse de l’infrastructure de la recherche, le manque de liberté de pensée et l’absence de réforme religieuse approfondie.

Les Tunisien à Lampedusa

En septembre, le maire de Lampedusa Salvatore Martello avait averti que son île « s’effondre » à cause des « menaces, harcèlement et vols » causés par des migrants venus d’Afrique du Nord.

Martello, cité par l’agence italienne ANSA, avait déclaré que les policiers sont actuellement « impuissants » et ont demandé la fermeture du centre de migration « inutile » de l’île.

Le maire avait également déclaré que « malheureusement, demander aux migrants de respecter les mêmes règles qui s’appliquent aux Lampedus et aux autres citoyens italiens, est synonyme de racisme selon certaines personnes ».

Le responsable italien avait également attaqué les migrants qui ont fait le voyage en provenance d’Afrique du Nord, notamment les Tunisiens qui semblent semer la pagaille sur l’île. « Les bars sont pleins de Tunisiens saouls qui harcèlent les femmes. […]

Je reçois des dizaines de messages de touristes, d’hôteliers, de commerçants et de restaurateurs effrayés qui souffrent quotidiennement », avait-t-il déploré, ajoutant qu’il y avait « 180 Tunisiens au centre qui contournent régulièrement les règles de sécurité ».

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