Quand la CNAM met en danger la vie d’un de ses assurés…

Si j’écris ce billet, c’est parce qu’un homme est en danger de mort. Un homme dépendant de médicament contre le cancer dont la CNAM vient de le priver, sans autre forme de procès. Ainsi, dans la Tunisie de 2017, une caisse de protection sociale se permet de précipiter dans le doute et la peur panique un homme pour des raisons opaques.

Disons le clairement: la Caisse nationale d’Assurance Maladie (CNAM) rend d’éminents services à la communauté nationale. Cette institution gère en effet la santé de milliers de Tunisiens et parvient à les soutenir, surtout lorsque leur âge est avancé.

Sans aucun doute, cette caisse constitue l’un des fleurons de notre système de protection sociale et, par ricochet, une fierté pour la Tunisie.

Il fallait souligner cette évidence de prime abord pour bien clarifier que ce billet n’est en aucun cas le fruit d’une démarche agressive ou d’une quelconque volonté de nuire à l’image de marque de la CNAM dont nous saluons au contraire la diligence à couvrir ses assurés.

Il faut le noter: pour les caisses sociales comme pour les assurances, c’est le principe de la mutualisation des risques qui compte le plus. En d’autres termes, chaque membre de la caisse est solidaire de tous les autres et chaque prime payée par un individu sera mutualisée lorsqu’un membre de la communauté aura besoin des services de la caisse.

C’est pour cela qu’il est fondamental que le traitement individuel de chaque cas soit envisagé avec la plus grande attention. Car sans cet ensemble d’individus qui cotisent pour conjurer un risque, toute caisse n’aurait aucun sens ni utilité.

C’est pour ces raisons que le cas que nous venons de découvrir est simplement révoltant. Il concerne un homme, retraité, dans la maturité de l’âge, à 85 ans.

Cet homme bénéficie de médicaments anti-cancéreux qui sont couverts par la CNAM depuis de longues années. Cet homme est totalement dépendant de ces médicaments qu’il reçoit à intervalles réguliers.

Cet homme est strictement dépendant de la CNAM, sans laquelle il ne pourrait pas payer ces médicaments. Et de toute façon, toute sa vie, en bonne santé, il a cotisé dans la perspective d’une maladie liée à l’âge ou aux aléas de santé.

Or, sans crier gare et de manière aussi absurde que léonine, la CNAM vient d’interrompre les facilités pour l’obtention de ces médicaments et prive ainsi son assuré de soins qui lui sont absolument nécessaires. De manière bureaucratique et autoritaire, sans autre forme de procès, cet homme dépendant a été privé de ses médicaments à cause de la décision d’une instance à la CNAM.

On demande à cet assuré de refaire son dossier administratif et sanitaire pour pouvoir bénéficier à nouveau de son traitement. Ni plus ni moins…

On demande donc de la paperasse à un homme en danger au mépris du contrat moral et matériel qui le lie à la CNAM. On vous assène la bureaucratie alors que vous luttez contre une maladie qui pardonne rarement.

Cette attitude de la CNAM est proprement révoltante. Et difficilement justifiable. Que diable! on pourrait poursuivre le traitement de cet homme en danger tout en lui demandant de présenter de nouveaux documents, pour on ne sait d’ailleurs quelle raison.

Car la situation de cet homme par rapport à la CNAM est on ne peut plus régulière. Il ne s’agit pas pour lui de régulariser quoi que ce soit. Il s’agit plutôt, selon toute apparence, d’une lubie bureaucratique.

Il est temps de mettre un terme à cette situation incompréhensible qui met en danger la vie d’un assuré et d’un homme fragile. Il est temps de revenir à la raison et renoncer à ce harcèlement qui terrifie un vieil homme dans la sérénité de l’âge.

La personne en question, dont je ne citerai pas le nom mais qui est aisément identifiable par les cadres de la CNAM, est dans l’attente. Il s’agit d’un homme âgé, de nationalité tunisienne, de confession juive et qui vit en Tunisie où il a travaillé toute sa vie.

Cet homme, pour des raisons historiques sur lesquelles il serait douloureux de s’attarder, vit seul, loin de toute famille. Isolé, il compte sur quelques amis et le soutien de la CNAM qui semble tentée de l’abandonner lâchement, au bord du chemin.

Cet homme est dans une souffrance et une panique qui ne nous honorent pas. Car être abandonné par la CNAM signifie aussi que le risque qu’il encourt n’est pas mutualisé et que les autres adhérents ne paient pas pour lui.

Je ressens beaucoup d’amertume, un sentiment d’injustice et une profonde incompréhension devant ce cas qui n’a pas lieu d’être.

A la CNAM de réagir et à nos lecteurs d’apprécier…

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