L’UE a mal géré son argent en Tunisie, selon un rapport de la Cour des comptes européenne

La Cour des comptes européenne vient de publier un rapport spécial sur « l’aide de l’Union Européenne en faveur de la Tunisie« . Dans ce rapport détaillé de soixante-deux pages, elle critique notamment l’éparpillement de la Commission européenne qui « a voulu s’occuper d’un trop grand nombre de domaines »…

1,3 milliard d’euros depuis 2011

Selon ce rapport « l’aide de l’UE en faveur de la Tunisie a généralement été bien dépensée, mais il convient de remédier aux faiblesses affectant la gestion ». Une conclusion issue de l’étude des différentes aides accordées à la Tunisie – appui budgétaire, prêts d’assistance macrofinancière et financement de projets indépendants – depuis la révolution de janvier 2011 pour favoriser la transition démocratique et sa stabilité économique.

Entre 2011 et 2015, la Tunisie a ainsi reçu 1,3 milliard d’euros de l’Union européenne, soit près de 3,1 milliards de dinars avec pour objectif principal de l’UE, la progression vers la démocratie dans le cadre d’une transition qui s’est opérée au cours d’une période d’incertitude caractérisée par une instabilité politique, des troubles sociaux et des attaques terroristes ».

Mise en place de réformes importantes, mais à un rythme très lent

Toutefois, la Cour des comptes européenne critique l’éparpillement de la Commission européenne qui « a voulu s’occuper d’un trop grand nombre de domaines, ce qui a eu pour effet d’atténuer l’impact potentiel de son aide et de rendre ses nombreuses activités difficiles à gérer. Bien que la coordination ait été bien assurée avec les grands donateurs, ainsi qu’au sein des institutions de l’UE et de leurs services, il n’y a pas eu de programmation conjointe avec les Etats membres ».

Elle pointe également le manque d’évaluation « dépenses publiques et responsabilité financière » depuis 2010. En précisant que ceci « pourrait pourtant constituer un indicateur fiable de l’état d’avancement réel des réformes dans les secteurs des finances publiques ». Tout en reconnaissant que « les autorités tunisiennes ont mis en place des réformes importantes, mais à un rythme très lent ».

AB

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