La splendeur du Temple des eaux de Zaghouan

Temple des Eaux de Zaghouan
Temple des Eaux de Zaghouan | Crédit photo : destination-tunis

Comment ne pas succomber à la beauté du nymphée de Zaghouan, ce Temple des eaux dont l’origine remonte au temps de l’empereur romain Hadrien ?

Encaissé au pied de l’escarpement rocheux du Djebel Zaghouan, ce temple abritait la statue de la divinité protectrice de la source qui donnait son eau à Carthage.

La niche est toujours là, spectaculaire, aussi symbolique que la vacuité d’un mihrab, témoin des siècles au pied de la montagne.

Tout autour, l’on ne peut plus qu’imaginer les douze autres statues des nymphes abritées par les niches ménagées dans les parois de la galerie.

Il faut également faire un grand effort d’abstraction pour imaginer le double portique qui fermait cet ensemble dont la forme est celle d’un hémicycle de trente mètres.

En contrebas, un bassin attendait les eaux qui, après décantation, étaient acheminées par l’aqueduc vers Carthage et les citernes de La Malga.

Rêver ici à l’antique Ziqua romaine dont il ne subsiste plus que ce temple et une porte triomphale. Rêver aussi à ce sanctuaire de pierre ocre qui, à flanc de djebel, offre au regard des échappées vers la plaine et à l’imaginaire des incursions dans la mémoire de l’eau…

Je me prends parfois à me laisser envoûter par les nymphes de la nature, protectrices invisibles de ces lieux, celles de la forêt et des bois, celles des sources et des rivières, celles des montagnes et des grottes.

Je revois comme dans un carrousel olympien Naiades, Oréades et Dryades, toutes nymphes protectrices, insouciantes, vivant des milliers d’années et peut-être nichées dans des replis secrets là où nul ne les voit.

Veillent-elles toujours sur les vestiges du nymphée ? Jouent-elles, ensorcelantes mais paisibles, quelque part au plus près des sources du mont Zaghouan ?

J’en demeure persuadé et elles semblent parfois observer mes pas dans ce temple qui m’a toujours aimanté. C’est là à Zaghouan, partagé entre mythologie vivante et beauté invisible des nymphes, que je viens me recueillir et écrire sous la protection de Pan, comme dans une fresque au bord de l’Olympe…

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