Lutte contre la corruption : Les lanceurs d’alerte à l’honneur

lanceurs d'alerteRien de plus dangereux pour une démocratie naissante que la corruption, signe avant-coureur d’irrémédiable décadence. Et pour ne s’en tenir qu’au cas tunisien, le chef de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc), Chawki Tabib, a reconnu que ce fléau a atteint un stade « épidémique ».

Dans le cadre de la lutte contre la corruption, l’Inlucc s’est associée, vendredi dernier, à l’ONG I-Watch pour organiser une cérémonie afin de récompenser dix citoyens Tunisiens lanceurs d’alerte.

Il convient de préciser qu’un lanceur d’alerte est définit par l’ONG Transparency International comme étant « une personne qui, dans le contexte de sa relation de travail, signale un fait illégal, illicite et dangereux, touchant à l’intérêt général, aux personnes ou aux instances ayant le pouvoir d’y mettre fin ».

A vrai dire, la récompense de ces lanceurs d’alerte tunisiens est le moins qu’on puisse faire pour inciter l’ensemble des citoyens à surmonter leurs craintes de représailles et à dénoncer les abus qu’ils auraient noté partout où ils sont et sans hésitation.

Selon la déclaration de Henda Faleh, coordinatrice d’I-Watch, accordée à l’AFP, « l’idée est de leur donner du courage, et de prouver qu’on est en guerre ouverte contre la corruption ».

Inutile de rappeler que cette guerre, dont Henda Faleh parle, a toujours été inégale puisque les victimes tout comme les témoins de cas de corruption se sentent vulnérables dans l’absence d’une législation qui les protège et encourage.

L’ironie du sort fait que, très souvent, ce sont eux qui ont le plus peur d’être dénoncés.
Noureddine Khalfaoui, un des lauréats, a confié qu’ »il y a des personnes qui se sentent mal protégées, qui ne peuvent pas construire seules des dossiers solides et qui risquent au final d’être poursuivies » pour des déclarations qui, parfois, risquent d’être jugées calomnieuses.

AA

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