C’était le 3 septembre 1948 : Les funérailles grandioses de Moncef Bey

Moncef BeyPour la génération de celles et ceux qui ont aujourd’hui 80 ans, les funérailles de Moncef Bey sont restés un incroyable moment historique et une démonstration éloquente de l’amour qui entourait ce bey du peuple.

Sidi Moncef, le bey du peuple

Né en 1881, Moncef Bey sera investi bey du camp le 18 mai 1942 à la mort de son cousin Béchir Bey et devenait ainsi le successeur officiel de Ahmed Bey qui régnait à cette époque.

Quelques semaines plus tard, le 18 juin 1942, Ahmed Bey décédait à son tour, terrassé par une hémorragie cérébrale.

Un règne de onze mois

C’est ainsi que le 19 juin 1942, dans la salle du trône du palais du Bardo, Moncef Bey, à l’âge de 62 ans, devenait le dix-huitième bey de la dynastie husseinite.

Dès qu’il monta sur le trône, Moncef Bey abolira le baise-main et gagnera davantage encore en popularité lorsqu’il ouvrit chaque jeudi son palais à tous les Tunisiens qui avaient une requête ou une doléance.

Un souverain proche du peuple

Modeste, proche de son peuple, Moncef Bey aimait se promener dans les rues et les souks de Tunis et aller ainsi à la rencontre du petit peuple.

Profondément nationaliste, il espérait poursuivre l’œuvre de son grand-père Mhamed Bey qui avait promulgué le Pacte fondamental. Moncef Bey ne régnera en tout que onze mois et sera destitué pour ses positions politiques par des Français revanchards qui l’exileront en Algérie puis à Pau en France.

moncefbeyL’exil en Algérie et en France

Après son abdication forcée, il passera les dix dernières années de sa vie à Pau où il décédera le 1er septembre 1948. Sa dépouille sera alors rapatriée en Tunisie et, selon ses vœux, il sera enterré au Djellaz et non pas dans la nécropole beylicale de Tourbet el Bey.

Ses funérailles furent grandioses et émouvantes. Des dizaines de milliers de Tunisiens, toutes origines et toutes confessions confondues, suivirent le cortège jusqu’à la dernière demeure du bey du peuple.

Une marée vivante derrière la dépouille du roi martyr

Il était devenu le roi martyr d’une Tunisie qui se battait pour son indépendance et lui offrira « la plus grande apothéose jamais offerte par le peuple tunisien à l’un de ses héros » selon les propos de Slaheddine Tlatli qui témoigne que « l’on avait l’impression que les centaines de milliers de morts du Djellaz communiaient avec la marée humaine des vivants pour rendre un dernier hommage au souverain disparu ».

Un mausolée au Djellaz

Jusqu’en 2003, le modeste mausolée de Moncef Bey restera en l’état initial et il faudra attendre le 55ème anniversaire de son décès pour qu’il soit restauré et agrandi. Lieu de mémoire, ce mausolée témoigne à sa manière de la longue tradition husseinite de la Tunisie et démontre que Moncef Bey reste une icône de la mémoire populaire des Tunisiens.

Des funérailles symboliques dans tout le pays

En septembre 1948, des funérailles symboliques eurent également lieu dans toutes les villes tunisiennes pour rendre hommage à Moncef Bey avec de nombreux cortèges et des foules profondément émues.

Dire que pour les nouvelles générations, Moncef Bey ne représente plus que le nom de quelques artères et celui d’un marché populaire…

H.B.

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