Mais où est donc passée la contre-révolution ?

Révolution (photo - france-culture)Vous l’aurez remarqué, plus personne ne parle de la contre-révolution, la redoutable, sournoise et détestable contre-révolution qui, pour les uns, avait le visage du RCD et pour les autres, la barbe d’un islamiste fulminant…

Exit la contre-révolution ! Aux oubliettes ! Basta, on ne mange plus de ce pain là !

Match nul, on partage le butin…

Les islamistes n’ont plus de mots d’ordre pour dénoncer le retour de l’ancien régime. Ils semblent même s’accommoder de certains de ses barons.

Les autres, ceux qu’on qualifie de modernistes pour faire court, ne semblent plus avoir d’inquiétudes pour l’héritage de Bourguiba et le caractère non religieux de l’Etat et ne parlent plus de contre-révolution visant à liquider les acquis des années cinquante.

Simplement introuvable !

Tout le monde désormais joue à « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette » et ceux qui, hier encore, semblaient prêts à engager le fer se font des mamours et des salamalecs.
Ainsi va la révolution, cinq ans après… Et à y faire bien attention, elle est aussi introuvable que la contre-révolution.

Battement d’ailes qui battent de l’aile…

C’est le retour en force du syndicat des avantages acquis et des certitudes confortables, le seul syndicat qui ne soit affilié ni à l’UGTT ni à l’UTICA. C’est le come-back sournois des fils à papa et des cousins haut placés. A se nourrir sur la bête, autant le faire à deux !

Ainsi, lorsqu’une aile bat de l’aile, l’autre peut lui répondre, tout en battant de l’aile aussi, que les politiciens n’ont absolument rien à se reprocher.

Le peuple finit toujours par trinquer !

Car, qu’on se le dise, la Tunisie et sa révolution ne seront jamais détruites par les politiciens. Oh que non ! ce sont celles et ceux qui les regardent sans rien dire et sans rien faire qui sont les véritables coupables…

Comme quoi, révolution, contre-révolution ou pas, c’est toujours la faute au people, c’est toujours le peuple qui finit par trinquer…

H.B.

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