Le limogeage du ministre de la Justice, prétexte à un éventuel remaniement ?

Mohamed Salah Ben AissaAlors que le chef du gouvernement a, à maintes reprises, balayé les rumeurs d’un éventuel remaniement ministériel, celles-ci ne cessent de s’amplifier dernièrement sur ce sujet.

L’éviction, hier, du ministre de la Justice Mohamed Salah Ben Aissa n’a fait que raviver les hypothèses sur l’imminence d’un remaniement ministériel.

D’autant plus que les raisons du limogeage de M. Ben Aissa restent encore floues et le communiqué publié par le chef du gouvernement fait fi de toute transparence.

Selon les dernières informations qui circulent autour de cet éventuel remaniement, certains ministres sont concernés. Difficile de savoir qui est exactement visé, mais en contrepartie on parle de plus en plus du retour d’anciens ministres.

Plusieurs figures du gouvernement de Mehdi Jomaa, notamment, feraient ainsi leur retour au sein du gouvernement. On parle notamment d’Amel Karboul, l’ex-ministre du Tourisme, et Taoufik Jelassi, l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur.

Concernant Amel Karboul, plusieurs sources non-officielles avaient déjà évoqué le possible retour de l’ex-ministre du Tourisme au sein du gouvernement précisant que ses nouvelles fonctions à la tête de l’ONG Maghrébine ne l’empêcheraient pas de refaire partie du gouvernement.

Quant au ministère de la Justice, occupé actuellement par le ministre de la Défense Farhat Horchani, après le limogeage de Salah Ben Aissa, il pourrait revenir entre les mains de Chaouki Tabib ou Ali Chourabi.

Le flou artistique

Rappelons qu’Habib Essid a décidé de limoger son ministre de la Justice parce que ce dernier aurait refusé de participer à la session plénière à l’ARP et qui devait examiner le projet de loi relatif à la création du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Mohamed Salah Ben Aïssa, a précisé, sur Mosaique Fm, qu’il avait l’intention de démissionner, que la version amendée du projet de loi de création du conseil supérieur de la magistrature ne l’a pas convaincu et qu’elle est loin du projet présenté par le gouvernement.

Selon lui, ce projet de loi a été amendé radicalement par la commission de la législation générale de l’ARP et lui a demandé d’être présent pour l’approbation d’un projet de loi auquel il n’adhère pas.

L’article 230 pourrait également être en cause. On lui reprocherait, du côté du pouvoir, sa prise de position sur l’article 230 criminalisant la sodomie, Mohamed Salah Ben Aissa ayant à la révision de cet article.

Cela avait fait sortir Beji Caid Essebsi de ses gonds lors d’une interview, ce dernier désavouant son ministre et opposant un véto à tout révision dudit article.

N.J.

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